« Candidature n’est pas sinécure »


Le 29 septembre, deux jours avant d’annoncer qu’il avait été testé positif à la Covid-19, Donald Trump affrontait Joe Biden, son rival dans la course à la Maison Blanche, lors d’un débat télévisé. Deux autres face-à-face devraient suivre malgré la manière chaotique dont s’est déroulée cette première soirée.
Cet exercice est un passage obligé de toute campagne présidentielle depuis 1976. Mais avant même l’invention de la télévision, certains hommes politiques s’y étaient essayé. En décembre 1858, la presse française (ici Le journal des villes et des campagnes daté du 11 décembre) se fait brièvement l’écho des efforts « herculéens » déployés par les candidats au Sénat de l’Illinois pour séduire les électeurs. Deux d’entre eux Stephen Douglas et Abraham Lincoln se lancèrent même dans une série de sept débats. Douglas l’emporta de peu, mais ces prestations permirent à Lincoln de se faire connaître au niveau national.

 

Une correspondance de l’Ouest fournit au Courrier des États-Unis un curieux relevé des labeurs herculéens par lesquels le sénateur Douglas a conquis la victoire dans les dernières élections de l’Illinois. D’après ce document, l’infatigable athlète a parlé devant ses constituants dans 57 comtés. Il a soutenu un débat personnel avec Lincoln dans chacun des districts congressionnels sans exception. Il a fait 59 discours de deux à trois heures de durée ; 17 allocutions de vingt à quarante-cinq minutes pour répondre à des sérénades, et 37 réponses de même longueur à des félicitations de bienvenue. Ces 120 discours ont été prononcés en plein air, sauf 2 seulement, et 7 ont été continués sous des pluies abondantes.

Pour accomplir son œuvre, M. Douglas a parcouru d’un bout à l’autre tous les chemins de fer de l’État, sauf trois tronçons, sans compter quantité de longs trajets en voiture et en bateau à vapeur. La route qu’il a faite ainsi par voie ferrée est de 5 287 milles. En bateau il a parcouru toute la frontière ouest de l’État, et toute cette portion de la rivière illinoise qui est navigable en steamboats. Candidature n’est pas sinécure.

LE LIVRE
LE LIVRE

Journal des villes et des campagnes de Anonyme, 1815-1995

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