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Comment est née la Grèce moderne

En deux siècles d’existence, la Grèce moderne a connu six guerres et deux dictatures, et frôlé à six reprises la faillite. Elle est aussi le premier pays issu de l’Empire ottoman à être devenu une démocratie et doit une part de son succès au soutien renouvelé des grandes puissances.


© Keystone-France / Gamma-Keystone / Getty

Athènes, avril 1968. Le chef du gouvernement, Geórgios Papadópoulos, célèbre le premier anniversaire de la dictature des colonels avec des evzones, les membres de la garde présidentielle.

La Grèce moderne fut le premier État-nation créé après la chute de Napoléon, en 1815 ; le premier pays des Balkans à s’émanciper de l’Empire ottoman, à se moderniser et à se doter d’institutions démocratiques ; un des premiers à engager des actions de résistance contre l’occupation nazie ; et le premier des pays méditerranéens ayant connu un régime autoritaire après la Seconde Guerre mondiale à être admis dans le giron de l’Union européenne.

Pour des raisons largement liées aux conditions dans lesquelles le pays est né et s’est développé, son histoire, qui a commencé en 1821, est tumultueuse et riche en épisodes dramatiques. Elle est aussi inextricablement liée à celle d’autres pays de la région, d’Europe et du monde. Il y a quelques années, Kostas Kostis publiait une histoire très documentée de la formation de l’État grec 1. Le livre de Roderick Beaton sur l’histoire de la « nation grecque » est appelé à devenir le nouvel ouvrage de référence sur le sujet.

La Grèce moderne est le produit du choix conscient fait par les élites locales à partir de 1800 de «réaffirmer le lien de parenté avec la civilisation perdue de l’Antiquité classique », écrit Beaton. Ce choix était encouragé par les esprits lettrés d’Europe occidentale qui, à la suite de l’archéologue et historien de l’art Johann Joachim Winckelmann, idéalisaient la Grèce antique. Les arguments en faveur de la continuité historique avec une époque aussi éloignée ont été énoncés par le poète et diplomate Georges Séféris dans son discours de réception du prix Nobel de littérature, en 1963.

Comme les autres grands poètes grecs du XXe siècle, Odysséas Elýtis, Yánnis Rítsos et Constantin Cavafy, Séféris a fait de la Grèce la matière de son art et puisé son inspiration dans sa mythologie et son histoire. « Nous parlons la même langue, dit-il au sujet d’Homère – et le sentiment d’une langue relève aussi bien de l’émotion que du savoir. Une langue altérée, si vous voulez, par une évolution plusieurs fois millénaire, mais malgré tout fidèle à elle-même. » La langue grecque moderne contient des traces d’apports étrangers. Plusieurs formes différentes ont coexisté durant des années. En 1976, le démotique, le grec populaire, était instauré comme langue officielle. Il se substituait à ce titre à la katharévousa, langue « pure » créée au XVIIIe siècle à l’imitation de l’attique ancien. Mais, dans l’ensemble, le grec actuel est beaucoup plus proche de celui de l’Antiquité que n’importe quelle langue contemporaine ne l’est de ses lointains ancêtres. Séféris mentionne aussi la terre et les paysages : « Je ne dirai pas que nous sommes du même sang – car j’ai horreur des théories raciales –, mais nous habitons toujours ce même pays et nous regardons les mêmes montagnes finir dans la mer. »

En 1830, au moment où la Grèce accédait à l’indépendance, l’historien et journaliste allemand Jakob Philipp Fallmerayer suscita beaucoup d’émoi en contestant énergiquement l’idée d’une quelconque continuité démographique du peuple grec. Selon lui, résume Beaton, « la moindre goutte de sang des anciens Grecs avait été effacée par les conquérants successifs du Péloponnèse : les Romains, les Goths, les Slaves, les Albanais ». Il exagérait, mais l’argument attirait l’attention sur la nécessité de mieux prendre en compte les époques intermédiaires, plus particulièrement le millénaire d’Empire byzantin. Ce à quoi s’employèrent au milieu du XIXe siècle les historiens Spyridon Zambélios puis Constantin Paparrigopoulos.

Aujourd’hui, les Grecs revendiquent indifféremment pour eux-mêmes les termes d’« Hellènes » et de « Romioi » (habitants de l’Empire romain d’Orient). « Hellènes » renvoie, par l’intermédiaire de la Grèce antique, à la culture savante et à l’Europe occidentale ; « Romioi » à la culture populaire des Balkans et du Proche-Orient : « S’identifier à Byzance, c’est s’identifier à une tradition orthodoxe essentiellement partagée aujourd’hui avec la Russie, la plus grande partie […] des Balkans, ainsi que la Moldavie, l’Ukraine et la Géorgie.» Reste, bien sûr, la composante turque, fruit de quatre siècles de présence ottomane. Beaton évoque les cafés de type oriental et la tradition musicale du rebétiko, venue d’Asie mineure. Il raconte aussi l’invention, au milieu du XXe siècle, grâce à la combinaison du rébetiko et de mélodies rurales, de genres musicaux hybrides plus acceptables pour l’oreille occidentale habituée à la musique tonale, que le genre original, fondé sur l’échelle modale. On la doit aux compositeurs Mános Hadjidákis et Míkis Theodorákis, pour les besoins, respectivement, du film d’Elia Kazan Jamais le dimanche, avec Melina Mercouri, et celui de Michael Cacoyannis Zorba le Grec, d’après le roman de Níkos Kazantzákis. C’est dans ce dernier film qu’apparaît le sirtaki, « une danse traditionnelle grecque qui n’avait jamais existé », écrit Beaton.

Le rêve d’indépendance de la Grèce est né dans le prolongement du mouvement intellectuel des Lumières grecques, qui s’est développé à la fin du XVIIIe siècle au sein des élites du monde orthodoxe, large communauté allant de la Russie à l’Anatolie, unie par la religion et la langue. Une des composantes les plus remarquables de ces élites était les Phanariotes, familles aristocratiques de confession orthodoxe qui exerçaient des fonctions de pouvoir dans l’Empire ottoman. Dans la diffusion des idées indépendantistes au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, deux intellectuels ont joué un rôle important : Adamántios Koraïs et Rigas (connu aussi comme Rigas Velestinlis ou Rigas Féréos). Le premier était un érudit, le second un penseur politique, qui élabora le projet ambitieux d’une vaste « République hellénique » englobant l’ensemble des territoires où se trouvaient des Grecs : toutes les provinces ottomanes européennes et même la totalité de l’Anatolie.

La guerre d’indépendance, souvent simplement appelée « la révolution », ne fut pas un événement unique mais une suite de conflits violents qui s’enchaînèrent à partir de 1821. L’occasion de son déclenchement fut une révolte lancée par Filikí Etería (« société des amis »), l’organisation secrète de marchands d’Odessa, ville qui abritait une forte communauté grecque. Elle fut réprimée par les troupes turques, mais, peu après, le Péloponnèse s’enflammait. Les premières tueries débouchèrent sur un véritable bain de sang : « Un paroxysme, une manifestation de colère et de peur collectives que rien sur terre ne pouvait contrôler. Toutes les factions (et il y en avait beaucoup…) recoururent à la pire violence imaginable, écrit Beaton. Des deux côtés, on massacra des prisonniers et des otages, de tout âge et des deux sexes.» Des tensions se manifestaient aussi entre groupes révolutionnaires.

Bientôt, le conflit s’internationalisa. De nombreux jeunes volontaires d’Europe occidentale (les philhellènes), dont le plus célèbre est lord Byron, acquis à l’idéal indépendantiste (« Nous sommes tous grecs », écrivait le poète romantique Shelley), s’engagèrent aux côtés des forces de la révolution. Les troupes turques, auxquelles s’étaient jointes les forces égyptiennes, engagèrent plusieurs contre-offensives sanglantes. La victoire ne fut assurée que grâce à l’intervention diplomatique et militaire de la Grande-Bretagne, de la France et de la Russie, dont les forces maritimes anéantirent les flottes turque et égyptienne lors de la bataille navale de Navarin de 1827 – bataille qui changea tout, sans qu’un seul Grec y prît part, relève Beaton.

En 1830, l’indépendance, garantie par les trois grandes puissances, était officiellement proclamée. Le gouverneur (Premier ministre) de la première République hellénique, à présent pleinement reconnue, était un ancien chef de la diplomatie du tsar, Ioánnis Kapodístrias (ou Jean Capo d’Istria). En butte à des oppositions internes et à la rébellion des chefs de clan, il fut assassiné en 1831. L’ordre civil effondré, les puissances d’Europe occidentale établirent une monarchie, plaçant sur le trône le prince bavarois Otto von Wittelsbach sous le nom d’Othon Ier. Celui-ci régna dans un premier temps de manière autocratique. À la suite d’un coup d’État militaire (sans violence), une Constitution démocratique fut adoptée en 1843. Au cours des débats préparatoires, le Premier ministre Ioánnis Koléttis employa pour la première fois une expression qui allait faire florès : la Grande Idée. Ce terme allait désigner ce qui était perçu comme l’objectif politique ultime du jeune État grec : le regroupement, à l’intérieur des frontières d’un seul pays, de l’ensemble des populations hellénophones de la Grèce continentale, des îles et de l’Asie Mineure. Ce grand rêve ne sera que très partiellement réalisé, avec le rattachement de la Crète à la Grèce, en 1913.

L’histoire a retenu le nom de Charílaos Trikoúpis. Premier ministre à plusieurs reprises durant les années 1880 et 1890, c’est lui qui fit creuser le canal de Corinthe. Il lança plusieurs autres grands projets d’infrastructure (routes, chemins de fer et ports) et commença à industrialiser une économie jusque-là essentiellement agricole. Dans les premières années du XXe siècle, la figure dominante, mais très controversée, est celle d’Elefthérios Venizélos. Porté au pouvoir en 1910 à l’occasion d’élections ayant suivi un nouveau coup d’État militaire pacifique, Venizélos avait pour ambition essentielle de poursuivre la tâche amorcée par ses prédécesseurs : moderniser le pays et avancer sur le chemin de la réalisation de la Grande Idée. C’est ce à quoi il s’employa avec toute son énergie, son charisme, sa compétence politique et ses talents de diplomate.

En 1914, à peine terminées les guerres balkaniques auxquelles la Grèce avait pris part contre la Turquie aux côtés de la Bulgarie, de la Serbie et du Monténégro, la Première Guerre mondiale éclatait. La Grèce dut choisir son camp. Proche de la Grande-Bretagne et de la France, Venizélos opta pour la Triple Entente. Lié par sa famille à l’Allemagne, le monarque d’alors, Constantin Ier, prit le parti de la Triple Alliance. Jusqu’en 1917, moment où elle se rangea définitivement du côté des Alliés, la Grèce fut déchirée entre deux gouvernements : un état de fait baptisé le Schisme national.

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Le nom de Venizélos est indirectement associé à l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire grecque, connu sous le nom de Grande Catastrophe. Avec l’appui de la Grande-Bretagne, il avait lancé en 1919 une offensive en Anatolie, inaugurant ce qui allait devenir la guerre gréco-turque. À la suite de sa défaite lors de la bataille de la Sakarya (qualifiée de « dernière bataille de la Première Guerre mondiale »), l’armée grecque dut évacuer Smyrne. Plusieurs centaines de milliers de civils grecs et arméniens perdirent la vie. Aux termes du traité de Lausanne de 1923, un gigantesque échange de population entre Grecs orthodoxes d’Anatolie et musulmans de Grèce fut organisé : la Grande Idée était anéantie, ou, si elle se réalisait, c’était sous la forme ironique et dramatique d’un rapatriement. Même si Venizélos n’était plus au pouvoir à ce moment-là, on lui attribue parfois la responsabilité du désastre. Beaton tend à le dédouaner en partie, estimant que ses talents de diplomate, aurait-il été en situation de les exercer, lui auraient permis d’éviter une telle tragédie.

L’événement le plus significatif des années 1930 est l’instauration, en 1936, d’un régime dictatorial de type fasciste par le général Ioánnis Metaxás, nommé Premier ministre par le roi George II. Metaxás poursuivit largement la politique de modernisation, de renforcement des institutions et de développement social amorcée vingt ans auparavant par Venizélos. Il la mena en lien avec une idéologie inspirée de celles de l’Allemagne nazie et de l’Italie fasciste et férocement anticommuniste. Refusant, par peur de la réaction britannique, de rejoindre les pays de l’Axe, Metaxás, en 1940, ne céda pas à un ultimatum de l’Italie, qui exigeait l’accès au territoire grec. En avril 1941, l’armée hitlérienne envahissait la Grèce. L’occupation par les troupes allemandes et italiennes fut particulièrement cruelle et meurtrière. Lorsqu’elle s’acheva, « plus de 1 000 villages avaient été rasés, 1 million de Grecs avaient vu leur maison incendiée […], plus de 20 000 civils avaient été tués ou blessés, abattus, pendus ou battus à mort par les troupes de la Wehrmacht », écrit l’historien américain Mark Mazower 2. Quelque 80 000 juifs grecs furent déportés (dont la totalité des séfarades de Thessalonique), soit 90 % de la communauté. À ce bilan il convient d’ajouter plusieurs centaines de milliers de civils morts des suites de la malnutrition.

Sur ces drames vint rapidement se greffer une terrible guerre civile, née dans le contexte des actions de résistance contre l’occupant – une résistance particulièrement déterminée et efficace. Le conflit débuta en effet sous la forme d’un affrontement opposant le Front de libération nationale grec (EAM) – fondé par le Parti communiste – et son aile militaire, l’Armée populaire de libération nationale grecque (Elas), à la fois aux milices collaborationnistes et aux groupes de résistants non communistes. Il se poursuivit après la Libération sous la forme de combats des communistes contre le gouvernement soutenu par les Britanniques et contre des milices de droite. Grâce à l’appui de la Grande-Bretagne puis, très rapidement, à l’aide logistique des États-Unis, les communistes furent défaits. De cette guerre civile on a dit à juste titre qu’elle était la première des « guerres par procuration » de la Guerre froide. À cet égard, Beaton reprend à son compte la caractérisation de la Grèce des années 1950 proposée par d’autres historiens : un « État anticommuniste » (Kostas Kostis), « un État vassal des États-Unis » (Thomas W. Gallant 3).

En avril 1967, après plusieurs années de troubles politiques et d’agitation sociale, les militaires prenaient le pouvoir à Athènes pour assurer l’ordre (tel qu’ils le voyaient) et préserver leur situation privilégiée. Auparavant, chaque fois qu’ils avaient fomenté un putsch, c’était pour rendre le pouvoir aux civils. Cette fois, ils le gardèrent jusqu’en 1974. Le gouvernement du colonel Geórgios Papadópoulos (qui finit par cumuler les fonctions de Premier ministre, de ministre de la Défense et de ministre des Affaires étrangères) était ouvertement autoritaire sur le plan politique et réactionnaire en matière de mœurs. Il put toutefois bénéficier du dynamisme de l’économie des années 1960.
En mai 1973, une grande manifestation des étudiants de l’École polytechnique d’Athènes qui avait reçu un vaste soutien populaire fut réprimée avec une extraordinaire brutalité. Plusieurs dizaines de personnes furent abattues et plusieurs milliers d’autres, arrêtées. Cet épisode, qui a acquis une valeur de symbole dans la mémoire des Grecs, eut pour conséquence de susciter un contre-coup d’État portant au pouvoir l’architecte invisible du premier putsch, le général de brigade Dimítrios Ioannídis. L’année suivante, celui-ci organisait à Chypre, devenue un État indépendant en 1960, un coup d’État visant à remplacer le président, l’archevêque Makarios III, par un homme favorable au rattachement à la Grèce. Il suscita en représailles une invasion du nord de l’île par les troupes turques. La crise politique qui s’ensuivit à Athènes provoqua la chute du régime des colonels.

 

L’ère de stabilité démocratique qu’ouvrit la fin de la dictature est appelée par les Grecs metapolítefsi (« changement de régime »). Les deux figures qui dominent cette période sont celles du socialiste Andréas Papandréou (fondateur du Pasok et trois fois Premier ministre) et du conservateur Konstantínos Karamanlís (fondateur du parti Nouvelle Démocratie, trois fois Premier ministre et deux fois président de la République). Conformément à une tradition bien établie en Grèce (les exemples sont légion), tous deux sont membres d’une dynastie : le père et le fils de Papandréou ont également été Premiers ministres, tout comme le neveu de Karamanlís.

Parallèlement à la poursuite du développement économique, stimulé par l’essor du tourisme, du bâtiment et de la marine marchande, les années 1970 et 1980 virent une forte croissance des effectifs de la fonction publique et la généralisation de pratiques douteuses, comme l’achat de voix à l’aide d’exemptions fiscales. Celles-ci sont aussi anciennes qu’un État « miné par le clientélisme et la corruption et pillé par son peuple », pour reprendre les mots du journaliste Tony Barber à propos de l’ouvrage de Beaton 4. En 1981, largement grâce aux efforts de Konstantínos Karamanlís, la Grèce devenait un État membre de l’Union européenne. L’engagement européen du pays, poursuivi par le successeur de Papandréou, Kóstas Simítis, aboutira à l’adoption de l’euro en 2001 : une décision bénéfique à court terme, mais qui l’encouragea à s’endetter. Incapable de rembourser ses créanciers à la suite de la crise financière de 2008, la Grèce se retrouva au bord de la cessation de paiement.

Ce n’était pas la première fois. À cinq reprises dans son histoire (en 1826, 1843, 1860, 1894 et 1932), le pays s’était trouvé dans cette situation. À quoi l’attribuer cette fois ? Beaton cite le commentaire d’un ancien ministre invoquant « la mauvaise administration, le clientélisme, la faiblesse des institutions, le manque de compétitivité ».

Ces problèmes systémiques, relève Beaton, se sont combinés de manière fatidique à « des faiblesses structurelles du projet européen », plus particulièrement la conception bancale de la monnaie unique. Entre 2010 et 2016, la Grèce a dû accepter trois plans de sauvetage assortis de conditions sévères. En y mettant le prix, elle a réussi à se sortir d’une situation catastrophique, au soulagement général. Une fois encore, le sort de la Grèce et celui d’autres pays se révélaient étroitement liés.

Beaton met en lumière dans son livre le rôle déterminant que n’ont cessé de jouer, pour le meilleur et pour le pire, les grandes puissances : la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Russie et les États-Unis. En raison de la place centrale de l’héritage de la Grèce antique dans la civilisation occidentale, mais aussi de la situation du pays à la jonction de l’Occident, de l’Orient et du monde slave, dans une région du monde stratégique et traditionnellement instable, la Grèce a toujours représenté, pour l’Europe et le monde, une terre d’enjeux considérables au regard de la taille du pays et de son poids économique et démographique. On le soulignera certainement l’an prochain, à l’occasion de la célébration du bicentenaire de sa naissance.

 

— Michel André, philosophe de formation, a travaillé sur la politique de recherche et de culture scientifique au niveau international. Né et vivant en Belgique, il a publié Le Cinquantième Parallèle. Petits essais sur les choses de l’esprit (L’Harmattan, 2008).

— Cet article a été écrit pour Books.

Notes

1. History’s Spoiled Children (Hurst & Co, 2018).

2. Dans la Grèce d’Hitler (Les Belles Lettres, 2002).

3. Modern Greece (Bloomsbury, 2001).

4. Financial Times, 20 mars 2019.

LE LIVRE
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Greece: Biography of a Modern Nation (« La Grèce. Biographie d’une nation moderne ») de Roderick Beaton, Allen Lane, 2019

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