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Contre le bio, pour le glyphosate

Les produits bio ne sont pas meilleurs pour la santé. Et rien ne prouve que le glyphosate tue les abeilles. Comment expliquer que des scientifiques, le gouvernement et la plupart des médias soutiennent le contraire ?


© Anthony Micallef/Haytham-Rea

Les grandes chaînes de la distribution ont compris tous les bénéfices qu’elles pouvaient tirer du marché des produits bio, plus chers et plus fragiles.

Personne n’a envie de tomber malade ou d’être empoisonné à petit feu en ingérant sans le savoir des produits toxiques, voire de mourir précocement comme les élégantes du temps de l’Empire ­romain, qui, pour avoir le teint pâle, se passaient le visage au blanc de céruse, sel de plomb éminemment délétère. Que l’on ne mange pas assez, trop ou mal, l’alimentation est toujours un ­sujet de préoccupation majeur. En outre et peut-être surtout, comme les porcs et les rats, les humains sont des omnivores et, à ce titre, méfiants. Pouvant tout manger, ils craignent de manger n’importe quoi.   Jusqu’à une date récente, cette ­angoisse était atténuée par les rites et les rythmes alimentaires familiaux et ­religieux : on n’avait pas peur car on mangeait « comme avant », et ce qui arrivait dans l’assiette était avalé, l’autorité familiale n’étant pas contestée. Or beaucoup de ces rites disparaissent ou ont disparu, notamment chez les catholiques.   Quant aux rythmes familiaux, ils volent en éclats : à Paris, 25 % des habitants ne préparent plus jamais un repas. On mange de tout et à tout moment. Ceux qui ont dépassé la cinquantaine sont surpris de constater qu’il n’y a plus vraiment d’heure pour le déjeuner ou le dîner. Certes, on mange bio, végétarien, végan, turc, chinois, japonais ou indien, mais n’importe quand. De midi à minuit, restaurants et boutiques de nourriture à emporter s’activent ; et les livreurs à domicile brûlent à toute heure les feux rouges à Paris pour porter des repas commandés sur Internet.   En outre, beaucoup sont revenus des conseils nutritionnels de spécialistes plus ou moins charlatanesques, trop souvent repris par la presse féminine. Ils ont constaté que les régimes peuvent faire grossir et qu’il est extrêmement difficile, quand on est obèse, de perdre 20 kilos par le seul contrôle de l’alimentation ; d’où le recours croissant à la chirurgie bariatrique. Si l’impact de l’alimentation sur la santé et le bien-être est évident, les conseils universels en la matière sont peu nombreux : il faut manger, mais pas trop, pas trop gras, pas trop salé, pas trop sucré, il faut consommer des fruits et des légumes et faire de l’exercice physique. Pour le reste, on commence seulement à entrevoir la complexité des questions de nutrition, notamment ­depuis les fascinantes recherches portant sur la flore intestinale : le microbiote.   Quoi qu’il en soit, et c’est ce que nous voulions souligner ici, l’angoisse des omnivores que nous sommes a tendance à s’accroître. Toute crainte d’un poison quelconque tombe en terrain fertile. En témoigne la vogue du bio. Voulant nous rassurer, nous nous abritons derrière le sophisme de l’appel à la nature : c’est bon parce que c’est « naturel ». Sans bien savoir à quelle « nature » ce qualificatif s’applique et en faisant l’hypothèse impli­cite que la nature est bonne, oubliant que toute l’histoire humaine a consisté à lutter contre ses fléaux. Quoi de plus naturel que les inondations, la grêle, la sécheresse, le mildiou, le paludisme, la rougeole, la tuberculose ?   En cas de conflit intellectuel, la méthode scientifique devrait être une manière pacifique de trancher. Pour démontrer que A est la cause de B et donc, par exemple, que les aliments bio sont meilleurs pour la santé que les produits de l’agriculture conventionnelle, il faut définir ce qu’est un aliment « bio », mesurer au cours d’une période donnée son ingestion par un échantillon de la population, définir ce que l’on entend par « santé » et comparer la santé de ce groupe à celle d’un échantillon comparable de la population, toutes choses étant égales par ailleurs (ce dernier point est essentiel). Or il est éthiquement impossible de faire des expériences qui conduiraient à forcer les uns à manger bio et pas les autres afin de mesurer ­l’effet que cela pourrait avoir sur la santé des deux populations dans cinq, dix ou vingt ans. On analyse donc des cohortes de volontaires dont certains disent manger bio et d’autres non. En France, la principale cohorte est celle dite NutriNet-Santé, dont les participants sont appelés les Nutrinautes. Toute cohorte de volontaires introduit forcément un grand nombre de difficultés (que veut dire manger bio ?) et de biais de sélection (qu’est-ce qui me motive pour me porter volontaire ?).   En outre, ce n’est pas parce qu’un produit est toxique à certaines doses qu’il l’est à toutes. Ainsi, l’eau est mortelle si l’on en boit 20 litres d’affilée. Recevoir sur le pied mille fois de suite un poids de 1 gramme fait moins mal que de recevoir en une seule fois un poids de 1 kilo. Seule la dose fait le poison, remarquait déjà au XVsiècle le médecin et alchimiste suisse Paracelse.   Or, quelles que soient leurs qualités par ailleurs, il n’a pas été montré que les produits bio sont meilleurs pour la santé. En France, le nutritionniste chevronné Léon Guéguen le rappelait pour les fruits et légumes dans un article paru en 2015 dans le magazine Science et pseudo-sciences1. Il s’appuyait entre autres sur un rapport de l’Autorité française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) de 2003, un rapport de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) de 2013, deux grandes revues systématiques américaines de 2009 et 2012 et une étude expérimentale ­publiée par une équipe danoise en 2013. Il évoquait aussi une étude britannique de 2014 qui confirmait que le bio ne donne aucun avantage en matière de fibres, de fer, de vitamines C et E, mais semble donner un avantage en matière d’antioxydants – pour les fruits seulement, pas pour les légumes. Un avantage très relatif, concluait Guéguen, car en France l’essentiel de l’apport en antioxydants vient en moyenne principalement du café (70 %), du chocolat (10 %) et du vin rouge (7 %). Les fruits ne représentent que 6,7 % et les légumes, 0,7 %. Au ­total, l’effet antioxydant global des fruits bio serait inférieur à 1 %. Encore faut-il ­observer qu’après l’absorption intestinale les antioxydants ne se retrouvent pas dans le sang.   Mais le bio a beaucoup d’adeptes, y compris dans le monde scientifique. Ils ne relâchent pas la pression. En 2018 fut publiée une nouvelle étude épidémiologique menée par une équipe française, associée à la principale agence française de recherche médicale, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Elle concluait à une diminution de 25 % du risque de cancer chez les consommateurs réguliers d’aliments bio par rapport aux personnes qui en consomment moins souvent. L’Inserm publia un communi
qué avec ce titre : « Moins de cancers chez les consommateurs d’aliments bio ». Information aussitôt reprise et amplifiée par les médias – tant sont nombreux les relais en quête de ce genre de confirmation. Que valait cette étude, fondée sur des questionnaires soumis à des volontaires de la cohorte NutriNet-Santé ? En avril 2019, l’Académie de médecine publiait à son tour un communiqué de presse, pour le moins réservé. « Cette étude est intéressante et les auteurs ont réalisé un important travail. Cependant, il existe un certain nombre de biais méthodologiques qui ne permettent pas de soutenir les conclusions des auteurs. » L’Académie précise : « Les deux groupes évalués diffèrent non seulement par le fait que les uns consomment une alimentation “bio”, mais également par d’autres facteurs : le sexe, l’âge de la première grossesse, facteur déterminant pour le risque de cancer du sein, la consommation de fruits et légumes, le niveau socioéconomique, l’activité physique… Tous facteurs susceptibles d’expliquer à eux seuls une différence. De plus, les sujets inclus dans l’étude devaient dire s’ils consommaient une alimentation “bio” de temps en temps, sans précision ni sur la quan­tité, ni sur la qualité, ni sur la durée de cette consommation. Enfin, la survenue de cancers n’était appréciée que sur une période de 4,5 ans, ce qui est très court pour la genèse d’un cancer par exposition à des produits. » Il va sans dire que ce communiqué n’a pas eu la même couverture médiatique que l’étude vantée par l’Inserm!   Il n’y a donc toujours aucune évidence que les nutriments des produits de l’agriculture biologique et ceux de l’agriculture conventionnelle diffèrent du point de vue sanitaire. La croyance dans les bienfaits pour la santé est une victoire du marketing sur la science et du sophisme sur la raison. Il est vrai que les grandes chaînes de distribution (Auchan, Leclerc, Carrefour…) mettent toute leur force publicitaire et leur pouvoir d’influence pour promouvoir le bio, plus cher et plus fragile, un « bon » marché donc.   À quoi il convient d’ajouter ces deux considérations : il faut tenir compte des toxines naturelles produites par les plantes et des résidus des toxines industrielles qui s’y trouvent malgré tout.   Premier point : les plantes dont on récolte les fruits, les racines, les feuilles ou les tiges produisent des toxines « naturelles ». Dans les années 1990, le biochimiste californien Bruce Ames, avait constaté que 99,99 % des pesticides que nous ingérons dans notre alimentation sont produits par les plantes elles-mêmes 2. Le rapport est donc de 1 à 10 000 ! Chaque plante synthétise quelques douzaines de toxines, dont certaines (à une dose suffisamment élevée) sont toxiques pour l’homme ; le chou produit jusqu’à 49 pesticides ! Ames estime que « les Américains ­ingèrent ­environ 1,5 g de pesticides naturels par personne et par jour, soit environ 10 000 fois plus que les résidus de pesticides de synthèse ». Nous consommons chaque jour entre 5 000 et 10 000 pesticides naturels différents, dont beaucoup, à certaines doses, provoquent des cancers lors d’essais sur des animaux de laboratoire. « Il est probable que presque tous les fruits et légumes présents dans les supermarchés contiennent des pesticides naturels qui sont cancérigènes pour les rongeurs. » Toujours selon cette source, on trouve des substances cancérigènes ou toxiques pour les rongeurs dans les aliments suivants, classés par ordre alpha­bétique : abricot, ananas, aneth, anis, aubergine, banane, basilic, brocoli, cacao, café, cannelle, carotte, champignon, chou, chou de Bruxelles, chou-fleur, chou frisé, chou vert, céleri, cerise, endive, estragon, ­fenouil, framboise, girofle, goyave, groseille, jus de pamplemousse, jus d’orange, laitue, lentille, mangue, melon, miel, moutarde, muscade, navet, panais, pêche, persil, poire, pois, poivre noir, pomme, pomme de terre, prune, radis, raifort, raisin, romarin, sésame, thé, tomate. Il n’est pas difficile alors de concevoir des menus bio où tout aliment contient des toxines ! Non mesurée, leur dose est ­inconnue. Toutefois, si nous ne sommes nullement inquiets à l’idée d’en consommer, c’est que, même en quantité infiniment plus élevée que pour les pesticides de synthèse, les toxines de ces aliments ne sont pas dangereuses pour l’homme : le niveau journalier de consommation de chacune d’entre elles dépasse rarement le millionième de gramme. L’enjeu est donc de savoir à quelle dose un produit peut être toxique.   Second point : comme le signale une enquête récente de 60 Millions de consommateurs (mai 2019), les polluants des sols se retrouvent dans les produits bio. « Certains laits bio que nous avons analysés contiennent même davantage de polluants que les conventionnels. Ainsi, le Lactel bio compte trois fois plus de PCB et sept fois plus de dioxines que le lait conventionnel, écrit le magazine. Cette différence peut s’expliquer par le fait que les vaches de la filière bio passent plus de temps au pré et se trouvent davantage au contact d’eaux et de sols contaminés. »   Or, écrit par ailleurs 60 Millions de consommateurs, les contrôles des produits bio « ont lieu une seule fois par an en moyenne et ne portent pas sur des prélèvements permettant d’identifier par exemple des résidus de pesticides, mais sur des processus de fabrication ». Le contrôleur ne regarde que les factures, ce qui facilite les fraudes. Pour finir, les produits bio importés échappent entièrement aux contrôles français. Or 30 % des aliments bio sont importés (le chiffre montre à 60 % pour les fruits).   On retrouve le même type de biais et de faux-semblants sur la question très média­tisée du glyphosate, principe ­actif du Roundup, le désherbant le plus ­vendu au monde. Des études, pas toutes, semblent montrer qu’à des doses élevées cette molécule pourrait être génotoxique et donc induire l’apparition de certains cancers, par ailleurs fort rares, chez les rongeurs de laboratoire. En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), institution dépendant de l’Organisation mondiale de la ­santé (OMS), basée à Lyon, a publié un rapport classant le glyphosate dans la ­catégorie des cancérigènes du groupe 2A, « probablement cancérigènes pour l’homme ». Cela du fait de « quelques évidences chez l’animal, mais une évidence limitée de son impact cancérigène chez les humains ». À noter que le Circ classe la viande rouge dans la même catégorie...   En septembre 2017, sous l’inspiration de Nicolas Hulot, le gouvernement français s’est engagé à interdire le glyphosate à partir de 2022. Pourtant, en mai 2016, la Fao et l’OMS avaient paru inva­lider le classement du Circ, déclarant que « compte tenu de l’absence de ­potentiel cancérogène chez les rongeurs à des doses pertinentes pour l’homme et de l’absence de génotoxi­cité par voie orale chez les mammifères, et compte tenu des preuves épidémiologiques d’expositions professionnelles, [nous avons] conclu que le glyphosate est peu susceptible de présenter un risque cancérogène pour l’homme à travers le régime alimentaire ». Et, juste après la décision française, ­paraissait une étude prospective de grande qualité portant sur 44 932 agriculteurs américains suivis pendant vingt ans. Elle concluait à l’absence de lien entre l’exposition au glyphosate et la présence de cancer chez les agriculteurs 3. Observons aussi que, en France même, l’étude Agrican, ­portant sur 180 000 personnes, a montré une moindre incidence du cancer chez les agriculteurs que dans la population générale.   Et voilà qu’au même moment, c’est-à-dire un mois après la décision du gouvernement Philippe, une journaliste de l’agence Reuters révèle que le Circ a caviardé son rapport de 2015. Dans le chapitre sur les études sur les animaux, les conclusions d’articles de recherche ont été inversées dans la rédaction ­finale : ici une nouvelle analyse statistique a été insérée, là une phrase concluant à non-­cancérogénicité du glyphosate a été enlevée ; en six endroits, une phrase a remplacé une conclusion contraire. La journaliste a relevé dans le seul chapitre pas moins de dix modifications de ce genre ; elle n’a pas eu accès aux autres chapitres du rapport. Le responsable de ce chapitre était un toxicologue américain recruté par les plaignants qui ont intenté un procès à Monsanto pour établir la responsabilité du glyphosate dans le déclenchement de cancers. Le conflit d’intérêts est manifeste 4.   À quelques exceptions près qu’il faut saluer, notamment Emmanuelle Ducros dans L’Opinion, les médias ont applaudi la position de Nicolas Hulot et du gouvernement français. Lequel n’a pas faibli. Le 26 avril 2019, lors d’une visite dans son département de la Drôme, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, s’est réjoui à l’idée que la France soit au 1er janvier 2021 « le premier pays au monde à sortir du glyphosate ». Il a ajouté : « Il faut revenir à [l’agriculture] que faisaient nos grands-parents » et s’est même fait le chantre de la biodynamie, une théorie loufoque issue de l’anthroposophie.   Dans cette polémique, on finit par ­oublier complètement les béné­fices environnementaux du gly­phosate, qui sont considérables. Il évite le sarclage et ­réduit les ­labours, ce qui limite les émissions de CO2 et accroît l’humi­dité du sol comme sa richesse organique. Il l’emporte, et de loin, sur toutes les alternatives connues pour éliminer les mauvaises herbes. Alors, dit-on, il y a les abeilles. Le glyphosate serait en cause dans la réduction du nombre de ces pollinisateurs. La réalité est que rien n’est prouvé à cet égard. Les études contradictoires se succèdent. La dernière en date, largement reprise par les médias, montrerait que la flore intestinale des abeilles serait, dans certains cas, modifiée par ce produit chimique et que cela rendrait les ouvrières plus sensibles à certaines maladies opportunistes 5. Une analyse approfondie de cette recherche montre toutefois qu’elle ne démontre rien. Chose curieuse, les abeilles qui ont ingéré plus de glyphosate semblent moins atteintes que celles qui en ont ingéré moins. Certaines abeilles provenant de la même ruche sont résistantes et pas d’autres. Toutes les abeilles de l’expérience ont été nourries avec du sucrose stérile, ce qui pourrait suffire à expliquer leur fragilité. Un signe qui ne trompe pas : l’étude reprend à son compte une publication aussi fameuse que réputée pour son manque de sérieux (dans certains groupes de l’expérience, il n’y avait qu’une seule abeille). La disparition de certaines colonies d’insectes, dont les abeilles, est réelle, multicausale, mal comprise. L’interdiction du glyphosate ne changera rien à la situation.   Plus généralement, cultiver sans pesticides conduirait à réduire de 30 % en moyenne les volumes produits – et même 40 %, selon une récente étude allemande 6. Cela signi­fie que le bio exige une plus grande surface pour un même volume de production ; et/ou plus d’engrais naturels, ce qui revient au même. Il a besoin de produits de l’agriculture traditionnelle (fumier et paille) pour son apport d’azote. Au ­total, son empreinte carbone est nettement supé­rieure à celle de l’agriculture traditionnelle. Pour ce qui est de la biodiversité, la parcelle bio l’emporte sans conteste sur l’agriculture conventionnelle, mais la biodiversité ne se mesure pas à cet échelon. Ce qui compte, pour le maintien de la biodiversité, ce sont les zones non cultivées : forêts, ­jachères, haies, fossés… Et donc, une fois encore, comme l’agriculture biologique requiert plus de surface, elle va contribuer à ­réduire les zones non cultivées et donc à empiéter sur les jachères et les forêts en réduisant la biodiversité. Si l’agriculture était exclusivement bio, il faudrait raser les forêts, observe le spécialiste de la poli­tique alimentaire Robert Paarlberg.   Pour résumer, en cinquante années de recherche, il n’a pas été montré que les produits de l’agriculture biologique étaient meilleurs pour la santé que ceux de l’agriculture contemporaine. En ­revanche, ils sont plus onéreux et utilisent tellement plus de surface pour un même volume de production qu’ils en deviennent une menace pour la biodiversité. Quant au glyphosate, il n’est clairement pas une ­menace pour les agriculteurs qui l’utilisent ; il l’est donc encore moins pour les consommateurs de produits agricoles.   Si le bio n’est pas meilleur pour la santé et l’environnement, pourquoi son commerce se développe-t-il si rapidement ? Pourquoi les gouvernements successifs, de droite, de gauche, voire du milieu, déclarent-ils que le glyphosate est dangereux alors que cette interdiction pénalise grandement l’agricul­ture et va encore accroître le déficit des échanges commerciaux de la France ? Et comment prétendre, avec quelques autres, avoir raison contre l’essentiel de la meute médiatique qui a structuré et déformé l’opinion ?   — Ce texte a été écrit pour Books.
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Ils croient que la nature est bonne de Jean de Kervasdoué, Robert Laffont, 2016

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