Histoire
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Les contrebandiers de Vilnius

Pour mieux piller le patrimoine culturel de la « Jérusalem de Lituanie », les nazis avaient enrôlé de force des érudits juifs. Certains d’entre eux sont parvenus à mettre des manuscrits et objets précieux en lieu sûr.

Parce que la question du bien et du mal a rarement été aussi peu équivoque que dans le cas des nazis et de leurs victimes, la résistance contre le IIIe Reich incarne ­encore aujourd’hui l’acte d’héroïsme moderne par excellence. Et la figure du résistant occupe toujours une place importante dans l’imaginaire collectif parce que ceux qui se sont élevés contre l’oppression nazie ont risqué leur vie – et souvent celle de leurs proches – pour défendre des convictions humanitaires ou politiques. Les poètes et érudits juifs de Vilnius (1) (aujourd’hui capitale de la Lituanie) qui sont au cœur de The Book Smugglers, de ­David Fishman, ont de toute évidence risqué leur vie, mais pour une ­raison beauco­up moins ­habituelle : ils étaient prêts à mourir pour des livres et des manuscrits. En plus d’assassiner des millions de juifs européens, les nazis ont mené une guerre systématique contre leur patrimoine culturel, pillant, confisquant, détruisant et transférant une quantité considérable de livres et d’objets vers le prétendu Institut de recherche sur la question juive de Francfort. Cet organisme de Judenforschung
LE LIVRE
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The Book Smugglers: Partisans, Poets, and the Race to Save Jewish Treasures from the Nazis de David E. Fishman, ForeEdge, 2017

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