Dans le désert

Dans le désert

Les Espagnols se préoccupent enfin de leurs campagnes dépeuplées.

Publié dans le magazine Books, novembre / décembre 2017.
«L’Espagne est un pays en grande partie inhabité. A certains endroits, la densité de population est plus faible que dans le nord de la Finlande. C’est aussi le pays où l’on passe le plus brusquement des métropoles surpeuplées au désert pur et simple », note le romancier Antonio Muñoz Molina dans le quotidien El País. Mais il avoue n’y avoir jamais pensé avant de lire La España vacía (« L’Espagne vide »), de Sergio del Molino. Pour cet auteur de 37 ans, en revanche, la question s’est imposée comme une évidence : « Je suis un provincial, je vis à Saragosse, une ville de taille moyenne (700 000 habitants) entourée par des kilomètres et des kilomètres de vide », raconte-t-il dans le quotidien en ligne El Confidencial. « Il y a deux Espagne, l’une urbaine et européenne, l’autre intérieure et dépeuplée, qui semblent souvent étrangères l’une à l’autre. Et pourtant on ne peut comprendre l’Espagne urbaine sans l’Espagne vide. Les fantômes de la seconde hantent les maisons de la première », écrit-il dans son essai, qui a été sacré livre de l’année 2016 par les grands quotidiens espagnols et en est à sa onzième réimpression. Tout commence par ce que l’auteur appelle « le grand traumatisme », l’exode rural massif qui a eu lieu entre 1950 et 1970. « Un exode rural, toutes les sociétés industrielles en ont connu. La différence, en Espagne, c’est qu’il est très tardif. Et qu’il s’est produit en un laps de temps très court. Nous n’avons…

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