D’une guerre froide à l’autre

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, parler de « nouvelle guerre froide » peut surprendre. C’est oublier que la guerre froide (parfois écrite avec un G majuscule, comme pour la Première et la Seconde Guerre mondiale) faisait bon ménage avec les guerres chaudes : Corée, Viêt Nam, Afghanistan. C’est aussi pendant la guerre froide que les chars russes sont entrés dans Budapest puis dans Prague. Un autre argument, plus intéressant, peut faire hésiter à employer l’expression. C’est que les temps ont changé, en profondeur. La guerre froide opposait deux blocs qui n’entretenaient quasiment pas de relations économiques, alors qu’à notre époque de globalisation les économies sont interconnectées. En outre, le communisme était une idéologie messianique capable d’inspirer efficacement des révolutionnaires sur les trois continents du « tiers monde » (une expression qui a vécu). Ni la Russie de Poutine, ni la Chine de Xi n’ont cette prétention.

Si la notion de guerre froide retrouve une légitimité, c’est que le monde est à nouveau le ...

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