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Fascinante archiduchesse

L’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, qui régna pendant quarante ans sur l’Europe centrale, passionne les Allemands.


© Collection Privée

Marie-Thérèse de Habsbourg. Ce tableau est l’un des nombreux portraits de l’impératrice réalisés le peintre Martin Van Meytens.

En 1717 naissait l’une des femmes les plus puissantes de l’histoire européenne : Marie-Thérèse d’Autriche. L’archiduchesse fait l’objet d’une nouvelle biographie monumentale qui a raflé le prix du meilleur essai à la dernière foire de Leipzig et a eu droit aux éloges de l’ancien ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Il faut dire que le personnage a de quoi fasciner : Marie-Thérèse est désignée par son père, l’empereur Charles VI, pour lui succéder – il n’a pas d’héritier mâle. Mais, dès qu’elle accède au trône, ses droits sont contestés par les autres puissances européennes et notamment par la Prusse, qui, avec l’aide de la France, lui enlève la Silésie. Marie-Thérèse ne s’en maintient pas moins quar
ante ans au pouvoir, régnant sur l’Autriche, la Hongrie, la Bohême et la Croatie. Elle met au monde cinq garçons et onze filles (dont Marie-Antoinette) et, à sa mort, laisse un État solide. Mère despotique, épouse conciliante (son mari, François de Lorraine, la trompait sans cesse), elle passe pour avoir été d’une grande beauté avant de prendre beaucoup de poids avec l’âge, au point de ­devoir être portée ou traînée pour se déplacer. Elle aurait aussi été très proche de son peuple. La biographie de Stollberg-­Rilinger montre que cette image relève pour une bonne part du mythe. D’une façon générale, ce livre « n’entend pas établir qui était vraiment Marie-Thérèse mais rendre compte de la spécificité de son temps », note Ulinka Rublack dans Die Zeit. Maternelle, Marie-Thérèse ne le fut jamais au point d’oublier que ses enfants existaient avant tout pour servir les intérêts de la dynastie des Habsbourg. Elle n’hésitait pas à les humilier et à les manipuler, les dressant volontiers les uns contre les autres. Sa relation à son fils aîné et successeur, Joseph II, fut particulièrement compliquée : même quand il devint corégent, elle continua de gouverner seule. Par ailleurs, celle en qui on a voulu voir une protoféministe progressiste détes­tait les Lumières, fit régner un ordre moral sévère et persécuta juifs et protestants. Au bout du compte, l’un de ceux qui l’ont le mieux comprise fut son plus fidèle ­ennemi, Frédéric II de Prusse, qui l’admirait et remarqua un jour : « Pour une fois que les Habsbourg ont un homme, c’est une femme ! »
LE LIVRE
LE LIVRE

Maria Theresia. Die Kaiserin in ihrer Zeit. Eine Biographie de Barbara Stollberg-Rilinger, C. H. Beck, 2017

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