Le monde merveilleux de la transparence

Le patron de Facebook l’a dit, le vice-président de Google l’a confirmé : la vie privée est une notion vieillotte, inadéquate, condamnée. L’heure est à la transparence, de soi-même et des autres. Dans le principe, rien de bien nouveau. Certains auteurs de journaux intimes pratiquaient déjà un auto-dévoilement très poussé ; et Andy Warhol ou Truman Capote, pour ne citer qu’eux, n’hésitaient pas à révéler les turpitudes des autres. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est l’extension du domaine de la transparence au politique, voire, contre l’avis formel de Richelieu (« Le secret est l’âme des affaires »), au diplomatique (comme en témoignent les affaires WikiLeaks et Snowden, notamment). L’autre grande différence, c’est le changement d’échelle. Les « lifeloggers » enregistrent en permanence ce qui se passe autour d’eux, et même en eux, accumulant chaque année des masses de données qui laissent les grands auteurs d’autobiographies, comme Robert Musil, loin derrière. Les auteurs de « selfies », quant à eux, inondent le Net de photos d’eux-mêmes, au mépris du ridicule, décidément non mortel. Avec la ...

SUR LE MÊME THÈME

L'avenir radieux de la lecture Le bonimenteur du livre
L'avenir radieux de la lecture Ne canonnez pas le canon
L'avenir radieux de la lecture Ceci n’est pas un film

Dans le magazine
BOOKS n°119

DOSSIER

Guerre froide 2.0

Chemin de traverse

18 faits & idées à glaner dans ce numéro

Edito

D’une guerre froide à l’autre

Bestsellers

L’art presque perdu de se concentrer

par Ekaterina Dvinina

Voir le sommaire