Le culte des stars est-il religieux ?

Futile, le culte des célébrités qui imprègne nos sociétés ? Débiles, ces adolescents obsédés par leurs idoles ? Moins qu’on le croit, répond un théologien peu conformiste. Le monde des people, où le sordide côtoie le sublime, fait office de magasin des modes de vie. Comme hier la mythologie, il offre du sens et d’indispensables points de repère.

En 1996, le chanteur Jarvis Cocker, du groupe Pulp, fit irruption sur scène lors de la cérémonie des Brit Awards, l’équivalent britannique des Victoires de la musique. Michael Jackson était en train d’interpréter Earth Song. Il avait surgi d’une image géante de la Terre, auréolé de lumière blanche. Les bras en croix, s’était mis à chanter pour la planète, peu à peu rejoint par une foule déguenillée. Vers la fin de la chanson, il avait enlevé sa chemise et son pantalon pour découvrir des vêtements d’une blancheur immaculée. De nouveau baignée de lumière, la pop star se tenait debout, comme crucifiée. La foule s’avançait lentement vers lui, et il touchait ou baisait le front de chacun, comme pour une bénédiction. À la fin, il resta seul avec un petit groupe d’enfants. Tenant par la main une fillette, il parla de la destruction de la planète, affirmant que nous pouvons changer le cours des choses. « Je crois en vous, je vous aime », lança-t-il, avant de se retourner pour quitter le plateau, entouré des gamins. Pour Cocker­, cela ...
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De l’inconduite des dieux de Pete Ward, Baylor Univiersity Press, 2011

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