Brillez dans les salons ! Avec les 500 faits & idées sélectionnés par la rédaction. Un livre Books Éditions.

Le dangereux pouvoir de la musique

De Platon à Goebbels, de Jdanov à Khomeiny et aux talibans, le pouvoir de la musique n’a cessé de préoccuper les hérauts de l’État totalitaire. Entre la censure et l’interdiction totale, leur cœur balance. Le rejet viscéral associé à cette démarche dans nos vieilles démocraties ne doit pas pour autant conduire à l’extrême inverse, la position consistant à tout accepter sans contrôle. Controverse sur fond d’opéra et de 11-Septembre.

Et en plus, les talibans détestent la musique. Lors d’un entretien publié en octobre dernier dans le Guardian britannique, l’ethnomusicologue John Baily décrivait le phénomène en détail. Après leur arrivée au pouvoir en 1996, les intégristes islamiques ont lancé des opérations de traque et de destruction systématique des instruments de musique et des magnétophones, brûlés en public. Des poteaux enrubannés des bandes audio et vidéo confisquées achevaient de rappeler l’interdiction de toute pratique musicale, imposée par le régime en raison d’une maxime prêtée au prophète Mahomet : « Celui qui écoute de la musique et des chansons en ce monde aura du plomb fondu coulé dans les oreilles le Jour final (1). »

Les musiciens pris sur le fait étaient corrigés à coup d’instruments et jetés en prison pour des peines pouvant aller jusqu’à quarante jours. Pour les femmes, une autre voie d’accès à la vie publique était désormais fermée. Les psalmodies rituelles étaient les seuls sons un tant soit peu musicaux diffusés par la radio des talibans – un art pourtant fort distinct de la « musique », aussi bien sur le plan conceptuel que linguistique, dans la pensée islamique comme dans nombre d’autres cultures.

Rien là, pourtant, de bien nouveau ! Les utopistes, les puritains et les totalitaires de tout poil ont toujours cherché à policer la musique, sinon à l’interdire franchement. L’ayatollah Khomeiny l’a bannie de la radio et de la télévision iraniennes en 1979, pour ses effets comparables, disait-il, à ceux de l’opium, « étourdissant ceux qui l’écoutent, réduisant leur cerveau à l’inaction et à la frivolité ». La tradition « occidentale » s’est montrée tout aussi suspicieuse envers cet art. Au IVe siècle, saint Augustin confessait que le plaisir sensuel des mélodies d’église mettait sa raison en péril. Au XIIe siècle, Jean de Salisbury se plaignait de voir les minauderies lascives des chanteurs de Notre-Dame susciter plus d’« excitation dans les reins que de dévotion dans le cerveau ». En Angleterre et en Suisse, les réformateurs protestants saisissaient et brûlaient les livres contenant des « chansonnettes papistes » avec un zèle tout talibanesque. Bien après eux, le patriarche orthodoxe de Moscou jetait au bûcher les instruments de musique, tenus pour des incarnations du paganisme.

La méfiance de la religion envers le quatrième art provient souvent d’une méfiance envers ses émissaires, surtout quand il s’agit de femmes. Saint Jean Chrysostome, illustre Père de l’Église orthodoxe grecque, déplorait que la célébration des mariages s’accompagnât de « danses, flûtes, cymbales, et paroles et chansons impudiques sorties des lèvres de filles fardées », apportant avec elles l’« immense tas d’ordures du démon ». Au début de ma carrière de professeur de musique, un jeune homme hassidique portant papillotes et gabardine vint me voir dès le premier jour pour me dire qu’il était prêt à suivre mon cours mais qu’il s’assiérait près de la porte ; il m’incombait de le prévenir avant de passer un disque contenant le son d’une voix féminine, pour lui permettre de lui échapper en filant dans le hall. Je lui ai répondu de ne surtout pas me faire cet honneur.

Les penseurs laïcs ne se sont pas montrés moins circonspects. Dans un célèbre passage de La République de Platon, Socrate plaide pour le bannissement de la plupart des formes musicales parce que « rien ne plonge plus profondément au cœur de l’âme que le rythme et l’harmonie ; que rien ne la touche avec plus de force en y portant l’élégance qui en fait la noblesse, dans le cas où la culture musicale a été correctement conduite ; tandis que c’est le contraire si tel n’a pas été le cas (2) ». Si Platon écrivait aujourd’hui – ou s’il avait moins de goût pour l’euphémisme –, il remplacerait l’âme par le corps. Car, sans l’ombre d’un doute, c’est la réaction corporelle irrésistible suscitée par la musique qui lui donne une influence si puissante sur le comportement, donc sur la morale et les croyances.

 

Tolstoï comparait les effets de la musique à ceux de l’hypnose

Voilà ce qui distingue cet art de la littérature ou de la peinture, et lui vaut l’attention particulière des censeurs. Dans la même veine que les critiques de Khomeiny, Tolstoï comparait les effets de la musique à ceux de l’hypnose. Et seul le malaise créé par l’affinité de la musique avec les aspects les plus grossiers de notre nature animale a pu conduire tant de compositeurs modernistes à mettre une distance dégoûtée entre leur art cérébral et une culture populaire viscéralement attirante.

Quoi qu’il en soit, le mélange platonicien de respect et de suspicion face à l’étrange pouvoir de la musique sur nos esprits et sur nos corps s’est répercuté à travers les âges ; partout où les gouvernements ont tenté de la museler au nom de l’ordre public – ou au moins d’empêcher qu’elle ne le perturbe. Les propos du philosophe ont trouvé leur plus forte résonance dans les États totalitaires du XXe siècle, désireux de faire des arts des véhicules de propagande. Voici ce que l’un des héritiers de Platon, Joseph Goebbels, répliqua au chef d’orchestre Wilhelm Furtwängler, qui plaidait pour une certaine modération dans l’application de la politique artistique nazie : « L’art, au sens absolu, tel que le conçoit la démocratie libérale, ne doit pas exister. Toute tentative de le servir pourrait, en dernière analyse, conduire un peuple à perdre sa relation profonde avec l’art, et l’artiste à s’isoler des dynamiques de son temps, enfermé dans la cellule sans air de “l’art pour l’art”. L’art doit être de qualité mais, plus encore, il doit être conscient de ses responsabilités, compétent, proche du peuple et d’esprit combatif. »

Les Soviétiques, théoriquement ennemis des nazis, ont commis le même genre de propos et de directives politiques. Les affreux souvenirs des procès de 1948 organisés par Andreï Jdanov, de facto commissaire culturel de Staline, où les principaux compositeurs soviétiques (dont Prokofiev et Chostakovitch) furent accusés de « formalisme dépravé », nourrissent la manie contemporaine, absurde, de faire passer ces auteurs pour des dissidents. La similitude des visions nazie et soviétique de l’art est l’une des raisons pour lesquelles les classifications politiques tendent désormais à regrouper les anciennes extrême droite et extrême gauche, par opposition à la « démocratie libérale » qui semblait avoir eu raison de tous ses adversaires, jusqu’au 11-Septembre.

C’est sans doute pourquoi l’interdit taliban sur les spectacles musicaux, qui n’a pourtant rien d’un grand événement à l’échelle de l’histoire, a suscité tant de commentaires. Il symbolise la survivance d’élans que nous avions naïvement cru définitivement éteints.

Tout ce qui évoque à la fois les nazis, les Soviétiques, et désormais les talibans, n’a guère de chance d’éveiller la moindre sympathie en Occident. Il existe aujourd’hui dans nos sociétés une quasi-unanimité sur ce point : en matière d’art, le laisser-faire est la seule voie possible – assorti, au mépris de toute logique, de subventions.

C'est gratuit !

Recevez chaque jour la Booksletter, l’actualité par les livres.

Mais qui prend l’art le plus au sérieux : ceux qui veulent qu’on le laisse tranquille ou ceux qui veulent le policer ? En outre, la position du laisser-faire comporte quelques dénis graves. Certains disent que l’art a pour qualité inhérente de nous élever (si c’est bien de l’art). D’autres, qu’il est avant tout transgressif (si c’est bien de l’art). Les mots entre parenthèses, destinés à dissuader les contre-exemples et empêcher toute réfutation, reviennent à vider les énoncés de toute substance. Ce type de défense témoigne-t-elle d’un véritable attachement à la valeur de l’art, ou simplement du refus d’y réfléchir ?

Et que dire de l’opinion publique, exigeant parfois qu’on s’abstienne de représenter ou d’exposer des œuvres ? Agit-elle simplement en nouveau tribunal de l’Inquisition ? Le tabou pesant en Israël sur l’interprétation des œuvres de Wagner est à cet égard emblématique (3). Le briser, c’est s’assurer de faire la une des journaux, comme l’a découvert récemment Daniel Barenboïm : à l’été 2001, le chef d’orchestre osa briser cet interdit tacite, dans un grand fracas de protestations publiques et d’indignation vertueuse. Mais ceux qui ont soutenu sa provocation ont souvent échoué à distinguer, dans le refus de représenter Wagner, entre l’égard pour les sentiments des individus et une atteinte à leurs droits.

Barenboïm ne faisait qu’enfreindre une règle sociale, mais il semblait revendiquer l’honneur de braver un interdit. Son geste laissait entendre que les sentiments des survivants de l’Holocauste avaient été trop longtemps choyés, que persister en ce sens constituait à la fois une atteinte intolérable à sa carrière et une insulte à la grandeur de l’art. Être d’accord avec lui imposait d’étendre la définition de la censure bien au-delà de celle associée aux nazis, aux Soviétiques et aux intégristes islamiques, et de la porter sur un terrain moral habituellement associé à la retenue, la sagesse, ou le respect mutuel (4).

Cette question vient de resurgir, encore plus ostensiblement et douloureusement, au lendemain des attentats du 11-Septembre. Faisant savoir qu’elle préférait « pécher par excès de sensibilité », la direction du Boston Symphony Orchestra a annulé les représentations prévues de chœurs de La Mort de Klinghoffer : cet opéra notoirement controversé – mis en scène par Peter Sellars, sur un livret de la poétesse Alice Goodman et une musique de John Adams – rejoue et commente le meurtre d’un Juif américain par des terroristes palestiniens à bord du navire de croisière Achille Lauro à l’automne 1985.

 

La Mort de Klinghoffer se complaît dans les fantasmes les plus éculés

Pour avoir ainsi fait preuve de retenue et de sagesse, l’orchestre de Boston a reçu une volée de bois vert. Dans une diatribe extraordinairement vulgaire publiée par le San Francisco Chronicle, le critique David Wiegand, fou de rage devant l’affront fait à John Adams (une gloire de la Baie), écrivait : « Il y a quelque chose de profondément malsain à voir une nation galvaniser ses troupes, ses hommes et ses femmes, sa détermination et sa volonté, pour conserver aux butors du Boston Symphony Orchestra le droit de décider d’épargner à leurs auditeurs une œuvre susceptible de les interpeller ou de les faire réfléchir. » Mais quelle nation avait fait cela ? Et pourquoi n’épargnerait-on pas aux gens le rappel de souffrances personnelles récentes quand ils vont au concert ?

Un mois auparavant, Mark Swed, principal critique musical du Los Angeles Times, avait exprimé le même genre de point de vue, mais en termes un peu plus choisis : se vantant d’avoir « préféré chercher des réponses et des explications, plutôt que du réconfort », il confiait avoir écouté La Mort de Klinghoffer le lendemain de la catastrophe du World Trade Center. Mais d’où vient cet élan curieusement macho pour le mépris du réconfort (un travail de femmes ?), au point d’en dénier le droit avec morgue à ceux qui souffrent ? Et d’où vient l’idée de chercher réponses et explications dans un opéra peuplé de terroristes fictifs et de victimes à demi imaginaires, plutôt que dans des sources d’information pertinentes ?

Anthony Tommasini, dans le New York Times, a soutenu le point de vue d’Adams : son opéra apporte la « triste consolation de la vérité ». Quelle vérité ? La Mort de Klinghoffer se complaît dans les fantasmes adolescents les plus éculés. Si les événements du 11-Septembre ne suffisent pas à troubler le regard romantique que certains artistes et critiques ont tendance à porter sur des criminels, alors rien ne le pourra jamais. N’est-il pas temps pour eux de grandir comme tout le monde, à présent que l’impensable s’est produit ?

Si l’on veut vaincre le terrorisme – le fait de commettre ou défendre des actes de violence mortelle délibérée sur des innocents –, il faut retourner l’opinion publique mondiale contre lui. Et la seule façon d’y parvenir est de se concentrer résolument sur les actes plutôt que sur leurs motivations affichées ou supposées, et de les qualifier de crimes. Cela signifie de ne plus peindre les terroristes en romanesques Robins des Bois et de ne plus voir leurs faits d’armes comme une forme d’âpre justice poétique. Si nous nous laissons aller à pareilles inclinations quand nous approuvons ou comprenons leurs objectifs, nous abandonnons le terrain moral sur lequel nous pouvons nous fonder pour condamner ces actes.

La Mort de Klinghoffer pare-t-elle d’atours romanesques les assassins d’innocents ? Ses auteurs l’ont reconnu tacitement, en remaniant l’opéra, créé à Bruxelles et Paris, pour les besoins du marché américain. Dans la version d’origine, l’ouverture par le « Chœur des exilés palestiniens » était suivie non pas d’un « Chœur des exilés israéliens » rétablissant l’équilibre, mais d’une scène, désormais disparue, où les voisins des Klinghoffer bavardent gaiement de leur prochaine croisière (« Le dollar grimpe. Bonne nouvelle pour les Klinghoffer »), sur fond de vulgaire musique pop. Ce contraste indiquait bien les termes très inégaux dans lesquels le conflit israélo-palestinien serait perçu tout au long de l’opéra. La représentation des souffrances palestiniennes dans la langue musicale du mythe et du rituel était immédiatement suivie par un portrait musicalement ordinaire de Juifs américains matérialistes et satisfaits. Cette double représentation ne pouvait que renvoyer aux vers chantés plus tard par Rambo, l’un des terroristes fictifs, qui (juste avant le meurtre) balaie rageusement les protestations de Leon Klinghoffer contre le traitement qu’on lui inflige, avec cette accusation : « Partout où les pauvres sont rassemblés, on trouve des Juifs qui s’engraissent. »

 

L’attachante rêverie du terroriste Mahmoud

Est-il injuste de discuter d’une version ni publiée ni enregistrée de l’opéra ? Ce le serait, si John Adams, balançant sa propre volée de bois vert sur le site Andante.com, n’avait jugé bon de souligner que l’opéra « n’avait jamais semblé particulièrement choquant au public européen ». Il jouait la carte de la stigmatisation en s’efforçant de donner un caractère provincial à l’annulation de Boston. Mais quand on sait à quel point la version présentée au public européen en 1991 satisfaisait ses préjugés favoris – antiaméricains, antisémites, antibourgeois –, on se dit que la honte devrait aller dans l’autre sens.

D’autant que ces préjugés n’ont pas disparu de la version remaniée de l’opéra. Dans son interview, le compositeur reprend le parallèle souvent fait entre le personnage de Klinghoffer et la « victime sacrificielle » qui est « au cœur des Passions de Bach ». Mais sa musique, précisément parce qu’elle s’appuie sur le modèle de Bach, interdit cette analogie facile. Dans La Passion selon saint Matthieu, Bach accompagne les paroles du Christ d’une auréole de violons et d’altos qui mettent en relief sa divinité, à la manière d’un halo en peinture. On trouve un effet similaire dans La Mort de Klinghoffer : de longues notes tenues, sereines, dans le registre aigu du violon. Elles évoquent non seulement l’auréole de Bach, mais aussi les effets d’étendues illimitées d’espace et de temps chers aux partitions romantiques. Ces tonalités sublimes, « intemporelles », accompagnent quasiment toutes les apparitions des Palestiniens ou des terroristes. Elles soulignent les propos du terroriste Molqui : « Nous ne sommes pas des criminels et nous ne sommes pas des vandales, mais des hommes d’idéal. » Elles accompagnent l’attachante rêverie du terroriste Mahmoud sur ses chansons d’amour favorites. Elles donnent un surcroît de résonance au désir ardent du terroriste Omar de connaître un destin de martyr ; on les entend aussi quand le capitaine du navire tente une médiation entre les terroristes et leurs victimes.

Mais elles n’accompagnent pas les victimes, sauf dans l’allégorique « Aria du corps en chute » interprétée par la dépouille de Klinghoffer au moment où les terroristes la jettent par-dessus bord. C’est seulement après la mort que le Juif américain moyen rejoint ces Palestiniens délicieusement exotiques dans une éternité mythique. C’est seulement quand son corps tombe sans vie que la musique atteint à une dimension spirituelle d’une même intensité romanesque.

Pourquoi devrions-nous souhaiter entendre cette musique aujourd’hui ? Est-ce une source d’édification morale, comme le soutiennent Wiegand et Tommasini ? Nous apporte-t-elle des réponses que, tel monsieur Swed, nous devrions préférer au réconfort ? Ou exprime-t-elle un mépris condamnable pour les victimes réelles de ces « hommes d’idéal » imaginés, qui font trop facilement penser à celles du 11-Septembre ?

Dans un beau livre récent, le critique littéraire Jonathan Dollimore a écrit que « prendre l’art au sérieux – reconnaître son potentiel –, c’était reconnaître qu’il pourrait exister des motifs raisonnables de vouloir le contrôler (5) ». D’où ce contrôle devrait-il émaner ? À moins de vouloir s’en remettre aux méthodes des talibans, il doit venir de l’intérieur. Nous avons avant tout besoin d’autocontrôle. C’est précisément ce que le Boston Symphony Orchestra a eu le mérite de faire ; et j’espère que les musiciens appelés à jouer devant le public israélien sauront le faire à nouveau. Il est inutile de balancer Wagner à la figure des survivants de l’Holocauste en Israël, inutile de tourmenter des gens abasourdis par des atrocités jusqu’alors inconcevables avec des « défis » offensants comme La Mort de Klinghoffer.

La censure est toujours lamentable, mais la retenue n’est pas sans noblesse. Être incapable de distinguer le noble du lamentable, c’est être moralement borné. Au lendemain du 11-Septembre, nous pourrions souhaiter, enfin, dépasser notre sentimentale outrecuidance en matière d’art. L’art n’est pas irréprochable. L’art peut faire du mal. Les talibans le savent. Il est grand temps pour nous de l’apprendre.

 

Ce texte est paru dans le New York Times le 9 décembre 2001. Il a été traduit par Dominique Goy-Blanquet.

→ Ce pamphlet de Richard Taruskin a fait couler beaucoup d’encre. Témoin la réaction d’un éditorialiste du Guardian britannique, Martin Kettle : « Le retour de la chasse aux sorcières »

Notes

1| Ce hadith, transmis par Ibn Asakir au XIIe siècle, parle précisément de « celui qui s’assoit pour écouter une chanteuse ».

2| La République, III, 401.

3| Le compositeur, mort en 1883, était ouvertement antisémite. Sa part de responsabilité dans la fondation idéologique du nazisme est très débattue.

4| Daniel Barenboïm est par ailleurs un artisan du rapprochement par la musique entre Israéliens et Palestiniens. Voir son livre La musique éveille le temps, Fayard, 2008.

5| Il s’agit de Sex, Literature and Censorship, Polity Press, 2001.

Pour aller plus loin

Amnon Shiloah, La Musique dans le monde de l’islam, Fayard, 2002. Cette somme, par l’une des meilleures spécialistes des musiques du Moyen-Orient, permet de comprendre à la fois les aspects idéologiques et religieux du rapport de la civilisation musulmane à la musique.

Renaud Machart, John Adams, Actes Sud, 2004. Un grand critique musical propose la première biographie en français du compositeur américain le plus joué au monde, permettant de découvrir sa trajectoire, son œuvre abondante et les polémiques qu’elle a suscitées.

LE LIVRE
LE LIVRE

La République de Le dangereux pouvoir de la musique, Garnier-Flammarion

SUR LE MÊME THÈME

Polémique Pourquoi l’université ne sert à rien
Polémique « Il y a bien eu intention d’anéantir » en Namibie
Polémique La Namibie a-t-elle été le laboratoire de la Shoah ?

Dans le magazine
BOOKS n°103

DOSSIER

Femmes singulières

Chemins de traverse

15 faits & idées à glaner dans ce numéro

Edito

Regrets

par Olivier Postel-Vinay

Bestsellers

Le pillage de l'Empire moghol

Voir le sommaire

Booksletter,
c'est gratuit !

Retrouvez gratuitement la Booksletter
chaque samedi matin dans votre boîte email.