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Le soleil, cette bête noire


Jules Breton/ La femme à l'ombrelle

Grand ciel bleu« au sud de la Loire », selon l’expression consacrée par les présentateurs météo. Un soleil apprécié par les vacanciers se dorant sur les plages, mais qui aurait été une calamité il y a juste 200 ans. Jusqu’au XVIIIe siècle, le soleil est considéré comme « néfaste ». On lui voue une « noire détestation », explique l’historien Christophe Granger dans La pluie, le soleil et le vent.

Déjà dans l’Antiquité, Hippocrate se méfie du soleil. S’il l’estime indispensable à la vie, il le considère dangereux pour la santé, et même mortel, car il altère les qualités de l’air. En 1628, Bailly ne dit pas autre chose. Et aux XVIIe et XVIIIe siècles, les savants font quantité de recommandations : « Habiter une maison de campagne exposée côté Nord ; manger des bouillons, herbages et fruits s’opposant à la putréfaction ; se frotter le visage tous les soirs avec du fiel de bœuf, une glaire d’œuf bien battue pour guérir du teint brûlé au soleil et du hâle grossier. » A l’époque, la théorie des climats est également en vogue. Le soleil hiérarchise les hommes. On considère que « les Anglais et Français sont capables de policer leur mœurs, alors que les peuples soumis à la présence continue du soleil ont tous les stigmates de la dégradation physique et morale. »

En 1787, les analyses sur les mécanismes de la photosynthèse vont redonner une bonne réputation au soleil, précise Christophe Granger. Il est de plus en plus estimé et devient recherché quand, au XIXè siècle, on commence à lui trouver des vertus thérapeutiques.

LE LIVRE
LE LIVRE

La pluie, le soleil et le vent. Une histoire de la sensibilité au temps qu’il fait de Christophe Granger, Aubier, 2013

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