L’énigme des enfants meurtriers

Le « Petiso Orejudo », ainsi surnommé à cause de ses grandes oreilles, a commis son premier assassinat à 9 ans, contre une fillette qui en avait 2. Il tuera trois autres enfants et en agressera sept de plus, laissant l’Argentine du début du XXe siècle en état de sidération. Comme le sera plus tard l’Angleterre face aux crimes de Mary Bell, 11 ans, ou de Jon Venables et Robert Thompson, 10 ans. Rien, dans nos sociétés qui associent l’enfance à l’innocence, ne prépare à comprendre les mineurs psychopathes.


Un homme entra dans un commissariat de Buenos Aires pour livrer son fils à la police. Il ne pouvait plus supporter Cayetano Santos Godino, le plus turbulent de ses enfants, qui avait 9 ans et le crâne orné de cicatrices. Les raclées qu’il lui infligeait ne servaient plus à rien. Ce jour-là, avant de se rendre au commissariat, le père avait constaté qu’une des chaussures qu’il voulait mettre était trop petite. Il les portait tous les jours, mais subitement son pied n’y entrait plus. Il y avait quelque chose à l’intérieur. C’était un oiseau mort. Après, il trouva le reste : une boîte sous le lit, remplie d’oiseaux morts. Il décida alors d’amener son fils à la police. Le commissaire nota que l’enfant était « absolument rebelle à la répression paternelle, il importune tous les voisins, leur jette des pierres ou les insulte ». Et il accepta de le garder un certain temps. Ce que le père ne savait pas, c’est que son fils avait déjà commis un premier meurtre. Cela s’était passé dans le silence d’un après-midi de l’hiver 1906, sept jours avant qu’il ...
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Ennemis publics de Osvaldo Aguirre, Aguilar, 2003

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