Erri De Luca : « Je ressens le devoir de la parole contraire »

Écrivain engagé, ancien militant révolutionnaire, Erri De Luca est aujourd’hui en procès pour avoir appelé à saboter le chantier du TGV Lyon-Turin. Dans un pamphlet où il se défend, il nie avoir incité à la violence. Et revendique la responsabilité de la parole de l’écrivain, qui a le devoir de protéger le droit de tous à s’exprimer. Un militantisme ancré dans une enfance à Naples, ville ravagée durant la Seconde Guerre mondiale.

Né à Naples en 1950, dans une famille bourgeoise ruinée par la guerre, Erri De Luca a milité dans les années 1970 pour le mouvement d’extrême gauche Lotta Continua, avant de travailler comme ouvrier chez Fiat. Aujourd’hui, il vit près de Rome et figure parmi les écrivains italiens les plus traduits dans le monde. Il est l’auteur, entre autres, de Montedidio (Gallimard, 2002), pour lequel il a reçu le prix Femina.   Vous êtes poursuivi en justice pour avoir déclaré que la ligne à grande vitesse Lyon-Turin, en construction, devait être « sabotée ». Et vous publiez une réponse en forme de pamphlet, La Parole contraire. Pourquoi avez-vous eu envie d’écrire ce livre ? Parce que ma défense ne peut se situer qu’à l’extérieur d’une salle de tribunal. À l’intérieur, mes mots sont menottés (1). Dans ce pamphlet, ils sont et resteront libres. Je ne suis pas hostile au TGV Lyon-Turin en tant que tel, mais je soutiens depuis huit ans la communauté du val de Suse qui s’y est opposée au cours des deux ...
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