L’imaginaire robotique médiéval
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L’imaginaire robotique médiéval

Écrit par La rédaction de Books publié le 20 octobre 2017

Centre International de la Mécanique d'Art, Rama

Deux sociétés, l’une américaine, l’autre japonaise, ont fait s’affronter pour la première fois mercredi des robots géants. Ce combat est un aboutissement logique de la culture robotique du XXe siècle. Mais la machine animée hante l’esprit de l’homme depuis bien plus longtemps. On trouve quelques mentions d’automates (le terme robot ne date que du XXe siècle) dans l’antiquité. Héron d’Alexandrie, ingénieur du troisième siècle avant notre ère, leur a consacré un traité. Et surtout ces machines faisaient partie intégrante de l’imaginaire du Moyen-âge, comme le souligne l’historienne E. R. Tuitt dans Medieval Robots : Mechanism, Magic, Nature and Art. S’appuyant notamment sur l’étude de la fiction médiévale française, elle montre que l’automate était présent dans l’esprit des Européens avant d’entrer largement en usage aux XIVe et XVe siècles.

Les premiers automates apportés en Occident étaient des cadeaux offerts aux souverains par des dirigeants étrangers. Physiciens, prêtres et autres savants ont mélangé faits et fictions pour les dépeindre et les comprendre. La croyance selon laquelle les plus étranges phénomènes ont lieu sur les pourtours du monde plutôt qu’en son centre (l’Occident chrétien) leur a longtemps permis d’expliquer ces merveilles. Elle leur a aussi permis de suggérer que les empires étrangers avaient accès à une connaissance magique inconnue de l’Europe et qu’ils étaient donc potentiellement dangereux. Les automates restaient fondamentalement étrangers.

D’ailleurs, l’essentiel de l’expertise qui a ensuite servi à leur développement en Occident est venue de Byzance et du monde arabe. C’est notamment le cas au château d’Hesdin dans le nord de la France où était entretenue une véritable ménagerie mécanique incluant lions, léopards et singes ou encore un oiseau qui chantait au milieu d’autres vrais volatiles. Le plaisir de la désillusion (la réalisation par le spectateur de la supercherie), faisait le charme de ces automates. Alors comme aujourd’hui, on s’émerveillait face à ces machines de l’infini pouvoir créateur de l’homme.

 

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