Brillez dans les salons ! Avec les 500 faits & idées sélectionnés par la rédaction. Un livre Books Éditions.

Le livre
Temps de lecture 1 min

Le message de Voyager aux extraterrestres


En novembre 2018, la sonde Voyager 2 devenait le second engin fabriqué par l’homme à quitter le système solaire. Un an plus tard, les scientifiques dévoilent ce qu’elle a pu observer en pénétrant l’espace interstellaire à travers cinq études parues cette semaine dans la revue Nature Astronomy.

La sonde de la Nasa porte, comme sa jumelle Voyager 1, un message adressé aux formes de vie intelligentes extraterrestres. Sur un disque de cuivre recouvert d’or ont été gravés 118 images, 90 minutes de musique, des salutations dans 55 langues, des enregistrements sonores de bruits terrestres et l’activité cérébrale d’une jeune femme.

Une opération de relations publiques

L’objet et son contenu a souvent été tourné en ridicule, d’autant comme le rappelle le journaliste Jonathan Scott dans The Vinyl Frontier qu’il y a peu de chance qu’un extraterrestre le trouve. Ses concepteurs eux-mêmes, l’astronome Carl Sagan en tête, ne se faisaient aucune illusion sur le sujet.

Ce disque est d’abord une opération de relations publiques à destination des humains. L’important était d’ailleurs moins d’envoyer le message que de le concevoir, souligne Scott. Sa création a soulevé l’un des plus grands débats du XXe siècle : comment représenter la Terre et l’humanité à partir d’un nombre limité d’images et de sons ?

Des sondes et de la bonne musique

La réponse n’est pas le résultat d’une grande consultation publique mondiale. La Nasa a commandé l’enregistrement quelques mois à peine avant le lancement des sondes en 1977 et seule une petite équipe de scientifiques, d’artistes et d’écrivains a eu la lourde tâche et le privilège de définir ce qui constitue l’essence de l’humanité, et ce selon leurs propres critères. La sélection musicale devait ainsi, selon eux, être représentative des différentes cultures mais surtout inclure de la « bonne musique ». Une large part a alors été réservée au canon classique occidental (Beethoven, Mozart, Stravinsky et un triplé de Bach) et à la musique américaine.

L’enregistrement reste finalement un produit très marqué par son époque et son pays d’origine. La Nasa a tenu à censurer les organes génitaux des représentations anatomiques humaines, démontrant ainsi qu’elle tenait plus à préserver la morale puritaine de son pays qu’à informer d’éventuels extraterrestres. D’ailleurs même si les choix de l’équipe de Sagan sont plutôt inclusifs pour l’époque, beaucoup sembleraient colonialistes et condescendants aujourd’hui.

 

À lire aussi dans Books : Ovnis et extraterrestres agitent toujours les esprits, décembre 2018-janvier 2019.

 

LE LIVRE
LE LIVRE

The Vinyl Frontier: The Story of the Voyager Golden Record de Jonathan Scott, Bloomsbury Sigma, 2019

SUR LE MÊME THÈME

Le livre La recherche sur la polio, une histoire d’égos
Le livre Puzzle Palace, ou la NSA au grand jour
Le livre Le prix Sophie Barluet 2016 décerné à Guillemette Crouzet

Dans le magazine
BOOKS n°102

DOSSIER

Vieillir... mais comment et jusqu'où ?

Jadis & naguère

Portrait du tyran en enfant malheureux

par Jean-Louis de Montesquiou

Chemin de traverse

18 faits & idées à glaner dans ce numéro

Histoire

Les États-Unis doivent leur naissance au rhum

par Wolfgang Lechner

Voir le sommaire

Booksletter,
c'est gratuit !

Retrouvez gratuitement la Booksletter
chaque samedi matin dans votre boîte email.