Pauline Kergomard, l’inspiratrice de l’école maternelle
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Pauline Kergomard, l’inspiratrice de l’école maternelle

Écrit par La rédaction de Books publié le 30 mars 2018

Pauline Kergomard/ Musée national de l’Éducation

Emmanuel Macron a annoncé cette semaine l’abaissement à 3 ans de l’âge de l’instruction obligatoire. Si aujourd’hui 97% des petits Français en âge de fréquenter la maternelle y vont c’est un peu à cause de Pauline Kergomard, « la grande ouvrière » de l’école des petits. Institutrice républicaine, elle est nommée déléguée générale à l’inspection des salles d’asile en 1879. Frédéric Dajez, maître de conférence en sciences de l’éducation, dans Les origines de l’école maternelle, rappelle qu’elle est l’inspiratrice de la grande réforme de 1881 qui transformera ces « asiles » où les parents déposaient leurs enfants de deux à six ans pendant les heures de travail en « écoles maternelles ».

Pauline Kergomard tient particulièrement au nom « école maternelle ». L’asile connote une mission de charité et elle est bien déterminée à ce que l’école soit le lieu de la mixité sociale. Son nom ne doit ni rebuter les classes aisées ni stigmatiser les classes populaires. Son instruction non plus. Elle rejette les méthodes des salles d’asile fondées sur la discipline, la répétition et la religion. La maternelle ne doit plus s’adresser au futur ouvrier qu’il faut dresser, mais à l’enfant universel.

Intéressée par la psychologie, discipline toute nouvelle, elle développe une pédagogie spécifique centrée sur le développement physique et affectif des jeunes enfants. Elle divise les classes en deux groupes d’âge et s’appuie sur les leçons de chose, dont elle fait le ciment de sa méthode. Le thème choisi pour la leçon du jour devient ainsi celui de tous les autres enseignements : les exercices de langage, le dessin, la leçon morale, les chants… Elle met surtout le jeu au cœur du programme. Le jeu étant, pour Pauline Kergomard, « le travail de l’enfant, son métier, sa vie ».

Il y a des rues, des écoles Pauline Kergomard, un timbre à son effigie, un prix Pauline Kergomard… Mais ses idées ne sont plus associées à son nom, regrette Micheline Vincent-Nkoulou, docteur en sciences de l’éducation, qui préface la dernière réédition du livre de Kergomard L’éducation maternelle dans l’école. Seuls cinq thèses et deux ouvrages lui sont consacrés.

 

A lire aussi dans Books : Les Japonaises sous l’empire du bento, juillet-août 2011

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