Pratiquants mais non croyants

Seuls 20 % des Japonais se disent religieux. Mais presque tous fréquentent temples et sanctuaires, se livrent à une multitude de rites et possèdent chez eux deux autels, l’un shintoïste et l’autre bouddhiste. De quoi mettre à rude épreuve la vision occidentale de la religion.

 


Sanja Matsuri, Yoshikazu Takada
Les chercheurs occidentaux ont tendance à associer la reli­gion à certaines caractéristiques bien précises : l’adhésion aux croyances que l’on professe, la participation régulière à des cérémonies religieuses, l’existence d’institutions hiérarchiques et l’appartenance à une communauté. ­Autant de traits que partagent les traditions abrahamiques, mais dont aucun n’est essentiel à la croyance et à la pratique ­religieuses observées dans le monde entier. Pour apprécier les limites des concepts de religion qui dominent en Occident, il faut examiner le fait religieux dans un contexte non occidental. Au Japon, par exemple, où je réside depuis quatre ans et où je dirige des recherches sur les rites collectifs et le lien social. La plupart des Japonais affirment être peu croyants, et rares sont ceux qui assistent régulièrement aux offices. Pourtant, nombre d’entre eux participent volontiers à des manifestations ou à des fêtes qui sont le produit de multiples traditions religieuses. Pour bien des Japonais, la décision de se marier selon le rite shintoïste ou chrétien n’est d’ailleurs pas dictée par une croyance religieuse, mais par la préférence de la ­future mariée ...

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