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Robert Misrahi, le philosophe du bonheur

Robert Misrahi est un merveilleux philosophe qui vous embarque, l’air de rien, dans l’aventure de la pensée. Quarante ans d’enseignement à la Sorbonne ont fait de cet octogénaire, au visage vif et souriant, un pédagogue hors pair, capable de vous initier sans douleur à l’œuvre de Spinoza.

Robert Misrahi est un merveilleux philosophe qui vous embarque, l’air de rien, dans l’aventure de la pensée. Quarante ans d’enseignement à la Sorbonne ont fait de cet octogénaire, au visage vif et souriant, un pédagogue hors pair, capable de vous initier sans douleur à l’œuvre de Spinoza. Mais, au-delà de ce rare talent, Robert Misrahi a mené durant toute sa vie, un travail philosophique personnel sur le bonheur dont il propose une synthèse claire et convaincante dans son dernier ouvrage Le travail de la liberté, aux éditions du Bord de l’eau. Pourquoi avoir choisi ce thème ? Probablement d’abord parce que, pour cet homme, le bonheur n’est pas un thème. C’est une expérience qu’il a faite à treize, lorsque, jeune juif, obligé de quitter la capitale, il est envoyé dans une demeure pour enfants à la campagne. Une année loin de l’horreur des rafles, de l’insécurité, de l’antisémitisme,  des privations… Le retour dans Paris toujours occupé coupe le souffle à l’adolescent. Cette expérience bi-face de l’existence, dans l’alternance brutale du bonheur et de la souffrance, inspire et conditionne la démarche du futur philosophe. A seize ans, il découvre Spinoza, et à travers l’Ethique, une affirmation de la laïcité : « Dieu ou si vous voulez la Nature », proclame Spinoza aux juifs orthodoxes comme aux calvinistes qui se partagent au XVIIe siècle les esprits hollandais. Robert Misrahi avait déjà cette intuition qu’il fallait être laïc quand, à dix ans, il annonce à son père son refus de Bar-Mitsva. Lycéen, il entend parler de Sartre qui vient de publier L’Etre et le néant. Il lui écrit et adresse sa lettre au « Flore ». Le maître le reçoit. Ils se verront jusque dans les années soixante-dix – et se séparent au moment des évènements de Munich. Mais la réflexion du premier existentialisme – celle qui théorise la liberté –  le marque profondément, et le titre de son livre, aujourd’hui, confirme que le souvenir de Sartre y est encore vivant. Sur ce double socle – Spinoza et Sartre -, Misrahi élabore une réflexion systématique toute orientée vers l’avènement d’une « éthique de la Joie ». Réflexion sur le sujet, sur la liberté, sur le désir, sur l’accomplissement personnel, et sur la démocratie « heureuse ». Evitant les pièges d’un utopisme, le programme philosophique – moral et politique – de Robert Misrahi couvre l’existence, du bas en haut, de l’individu à la communauté, et l’envisage sous l’étendard du « bonheur »… A l’heure des crises qui bousculent les certitudes et les sécurités, et dans une atmosphère intellectuelle qui a survalorisé les pensées victimaires, cette pensée promet le retour du principe espérance.

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