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Tout bien réfléchi
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Comment la rue est devenue un espace public


Francesco Bassano le Jeune, Scène de marché

La réforme du travail fait descendre les syndicats dans la rue. Rien de bien nouveau. Et pourtant la rue n’a pas toujours été un espace public ouvert à toutes les manifestations. L’historien Maurice Garden, auteur d’Un historien dans la ville et d’ « Histoire de la rue », rappelle qu’elle est restée pendant longtemps dans les cités de l’Antiquité et du Moyen-âge, un lieu privatif.

La grande majorité des rues servaient d’accès aux propriétés les bordant, mais pas de lieu de vie. La naissance du logement individuel, mais aussi l’appropriation des rez-de-chaussée des maisons par les activités économiques les ont ouvertes sur la ville. Au Moyen-Âge, les rues des centre-villes ont été accaparés par les immeubles et les commerces. Tortueuses et étroites, elles slaloment entre les avancées des bâtiments qui cherchant à gagner le maximum d’espace finissent souvent par la couvrir et la priver de lumière. Ce qui reste des rues est monopolisé par les tréteaux et les marchandises. Ces voies sont alors inaccessibles à la circulation. La création des halles et marchés résout en partie le problème et la rue perd son agitation. Mais pour dégager de tels espaces, comme pour changer le tracé de la rue, aligner les maisons, il faut un pouvoir fort, capable de s’attaquer aux propriétés privés. Il doit être en mesure de mener des expropriations et trouver les capitaux nécessaires à la transformation.

A Paris, le baron Haussmann parachève la modernisation de la rue. Mais déjà sous Henri IV ou Richelieu des efforts ont été faits en ce sens avec la création de lotissements. La nouvelle rue, qui naît vraiment dans la capitale française au XVIIIe siècle, a perdu l’essentiel de ses activités humaines. Elle ne les regagne que ponctuellement pour les fêtes, processions et autres manifestations.

LE LIVRE
LE LIVRE

Un historien dans la ville de Maurice Garden, Maison des sciences de l'homme, 2008

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