Le secret des super-riches
par Markus Dettmer

Le secret des super-riches

Comment devient-on millionnaire  ? En Allemagne, les riches n’aiment guère en parler. Mais une étude menée par l’un d’entre eux dessine un profil. Il s’agit le plus souvent d’hommes, animés d’une volonté puissante, intuitifs plutôt que cérébraux, réfractaires à l’autorité, méfiants à l’égard de l’opinion majoritaire, sereins devant l’échec.

Publié dans le magazine Books, janvier/février 2018. Par Markus Dettmer

© Walter Schmitz/Gruppe28/Rea

Quand on possède beaucoup, on n’aime guère en parler. Lors du Derby allemand, célèbre course hippique qui se tient tous les ans au mois de juillet sur l’hippodrome de Hambourg.

Quand on demande à des personnes deve­nues riches par leurs propres moyens les ­secrets de leur réussite, on commence par obtenir des maximes qui semblent tout droit ­tirées d’une éphéméride. On pouvait s’y attendre. Theo Müller a hérité de son père une petite laiterie comme il y en avait des centaines en Allemagne il y a cinquante ans. Mais il est le seul à l’avoir transformée en une entreprise valant des milliards d’euros, le groupe Müller. Comment a-t-il fait ? « J’avais des produits que les consommateurs désiraient. » Jürgen Kelber a une formation de préparateur en pharmacie, mais c’est dans l’immobilier qu’il a fait fortune. Il achetait et vendait des appartements, comme des milliers d’autres. ; mais lui est de­venu l’un des magnats de l’immobilier en ­Allemagne. Pourquoi ? « Il faut être là au bon moment et avoir un peu de chance, mais on peut provoquer la chance. J’ai toujours beaucoup travaillé et donc eu plus de chance que d’autres. » Un troisième, qui veut bien parler à la condition que son nom ne soit pas cité, a échoué lors de sa première tentative en tant que jeune entrepreneur, mais il a eu ensuite une assez bonne idée et possède aujourd’hui une société dont le chiffre d’affaires se compte en centaines de millions d’euros dans le secteur des biens de consommation. Qu’est-ce qui le distingue des autres ? « Je voulais ­devenir riche, répond-il. À 70 %, c’est une affaire de volonté. » Ce sont là des phrases…

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