Sur le front punk

Dans les années 1970, le jeune Stanley Greene plonge avec passion, appareil photo en bandoulière, dans l’univers effervescent et déjanté de la scène punk de San Francisco. Exhumés et rassemblés dans un livre, ces clichés nous transportent dans une époque stupéfiante et témoignent de la naissance d’un talent.

C’est en 1976 que la vague punk frappa la côte Ouest des États-Unis, avec le concert des Sex Pistols au Winterland de San Francisco. L’engouement suscité par la nouvelle musique dans ce haut lieu du « flower power » allait donner naissance à un punk hybride et inventif, mêlant cheveux longs, tenues provocatrices et rock pêchu. Le célèbre photojournaliste Stanley Greene, alors peintre amateur et étudiant du San Francisco Art Institute, était aux premières loges. Dans Western Front, qui rassemble plus d’une centaine de ses clichés de l’époque, il raconte comment le jeune Noir natif de Brooklyn qu’il était fut tout de suite happé par la déferlante : « Le mouvement punk était tellement étranger au monde d’où je venais… Ce son de Blanc, ça me prenait aux tripes, ça ne me lâchait pas. Il fallait que je suive ça. Et comme tous mes amis faisaient partie de cette scène, la photographier était tout à fait naturel. » Troquant ses dreadlocks et son accoutrement hippie contre un pantalon de cuir et un blouson de motard, il plonge soir après soir dans le chaudron bruyant et très alcoolisé du ...

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