L’énigme Robespierre
Avant que s’achève l’année 2008, qui est le 250e anniversaire de la naissance de Robespierre, rendons hommage à l’immortel auteur d’une ode à deux arts négligés, cracher et se moucher. D’après l’historien Colin Jones, qui rend compte dans la New York Review of Books de la énième biographie du grand homme, par Ruth Scurr, c’est l’un des quelques faits qui peuvent être considérés comme certains. Pour l’essentiel, celui qui se vivait comme l’incarnation du peuple continue d’échapper à l’analyse des historiens. Était-il aussi l’incarnation de la violence et l’artisan naturel de la Terreur, comme l’a soutenu François Furet, ou bien un avocat discret de la modération et de la tolérance ? Ou les deux à la fois ? L’histoire de Robespierre pendant la Terreur a surtout été écrite par ceux qui ont contribué à le faire guillotiner. Les documents fiables font cruellement défaut. Une solution : il aurait été à la fois « le meilleur et le pire des hommes », écrit Colin Jones. Mais certainement un individu passablement dangereux. « Il croit tout ce qu’il dit », avait remarqué Mirabeau.