Après le printemps, l’hiver

Les Frères musulmans, privés de leur aile pragmatique après des années de luttes internes, n’étaient pas préparés à gouverner l’Égypte. Leur victoire les a confrontés aux exigences contradictoires de l’exercice du pouvoir et du respect obsessionnel de l’orthodoxie. Leur échec soulève une nouvelle fois cette question : l’adhésion proclamée des islamistes à la démocratie est-elle compatible avec leurs positions religieuses ?

En juin 2012, Mohamed Morsi, le candidat des Frères musulmans, remporta de peu une élection chaudement disputée et devint le premier président élu de l’Égypte post-Moubarak (1). Un succès stupéfiant si l’on songe à l’histoire du mouvement islamiste. Des décennies durant, les Frères avaient pénétré dans l’arène politique avec une conscience aiguë de leurs limites et sous la menace constante de la répression. Ses activités avaient récemment valu à Morsi, comme à la plupart des responsables de l’organisation, un séjour en prison (2). Rien ne permettait de prédire ce qu’il ferait de son tout nouveau pouvoir présidentiel.

Sa victoire, qui avait suivi un quasi-raz-de-marée islamiste aux élections législatives (3), obligea soudain les Égyptiens et les observateurs étrangers à faire face aux questions depuis toujours latentes sur la compatibilité de l’islamisme et de la démocratie. Comme le montre Carrie Rosefsky Wickham ...

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Les Frères musulmans de Après le printemps, l’hiver, Princeton University Press

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