Comment perdre une île
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Comment perdre une île

Écrit par La rédaction de Books publié le 2 novembre 2018

Carte des Etats-Unis d'Amérique, 1805

Le Japon est à la recherche de l’un de ses 158 îlots inhabités. Les habitants de Sarufutsu, un village l’extrême nord de l’archipel, ont signalé la disparition d’une île nommée Esanbe Hanakita Kojima qui, il y a trente ans s’élevait encore à 1,4 mètre au-dessus du niveau de la mer.

L’écrivain britannique Malachy Tallack présente vingt-quatre autres îles disparues dans son livre The Un-Discovered Islands. Une différence cependant : ces îles, dont on a parfois écrit l’histoire ou pointé la localisation sur la carte, n’ont jamais existé.

Certaines sont totalement mythiques. Hawaiki, située censément au nord-est de la Nouvelle-Zélande, est, pour les Maoris, la terre de leurs ancêtres et le lieu où retournent vivre leurs morts. Au cours de l’histoire, plusieurs îles faisant fonction de paradis ont été décrites, notamment par les Grecs et les Celtes.

D’autres territoires ont été découverts avant d’être rayés de la carte. Le dernier en date est l’ île de Sable, située à mi-chemin entre l’Australie et la Nouvelle-Calédonie. Cette île, dont l’existence est signalée depuis le XVIIIe siècle, a été reproduite de carte en carte, jusqu’à ce qu’une mission de reconnaissance conclue à son inexistence en 2012. La plupart des îles fantômes ont été vues une fois et puis plus jamais. De nombreux explorateurs ont été tentés d’en inventer pour leur donner le nom de leurs mécènes et ainsi leur soutirer plus d’argent pour leur prochain voyage.

Les îles Aurora, elles, ont été aperçues au moins sept fois dans l’Atlantique sud. Au XVIIIe siècle, l’équipage d’un navire espagnol expressément affrété pour déterminer leur emplacement a affirmé les avoir trouvées. Mais elles n’existent pas. Il est possible que tous ces marins aient été abusés par les conditions météo, l’environnement et notamment les icebergs présents dans le secteur.

Des îles inventées ont même pu jouer un rôle politique. L’une d’elle, l’île Philippeaux, du lac Supérieur, à cheval sur les États-Unis et le Canada, est mentionnée dans le traité de Paris de 1783, qui fixe les frontières d’un nouveau pays indépendant : les États-Unis. On s’est aperçu, plusieurs décennies plus tard, qu’elle n’existait pas.

 

À lire aussi dans Books : Îles fantômes et terres fictives, septembre/octobre 2017.

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