Dans les brumes de Tripoli

Une journaliste et un dessinateur-militant brossent un portrait saisissant d’un pays livré à l’arbitraire des milices et où la frontière entre le bien et le mal devient de plus en plus insaisissable.


Aujourd’hui, la Libye a l’air d’un pays normal, raconte Francesca Mannocchi. La capitale, Tripoli, par exemple, avec les parents qui amènent leurs ­enfants à l’école, son bord de mer baigné par les brumes matinales, ses larges avenues sillonnées par des voitures de luxe et ses grands hôtels…

La chute de Mouammar Kadhafi, ce dictateur aussi fantasque que sanguinaire, remonte à 2011 ; la guerre civile opposant différentes milices, à 2014 ; et la dernière tentative – avortée – du maré­chal ­Haftar, basé à Tobrouk, en Cyrénaïque (dans l’ouest du pays), pour ­reprendre ­Tripoli date de 2019. Depuis, des pourparlers ont lieu entre les ennemis d’hier, et un semblant de normalité règne sur ce pays richissime, grand comme trois fois la France et qui tire l’essentiel de ses ­revenus des hydrocarbures.

Et pourtant, poursuit cette journaliste italienne spécialiste du monde arabo-­musulman, la situation n’est nullement apaisée. « Dans ce pays, il faut creuser les apparences pour trouver la vérité », écrit-elle dans Libye, le ­magistral ...

LE LIVRE
LE LIVRE

Libye de Francesca Mannocchi, Rackham, 2020

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