En l’agréable compagnie des spectres

Dans cet album qui mêle l’absurde, la mort et l’humour, Roman Muradov met en scène une jeune femme revenue malgré elle d’un enfer plutôt cool, dotée de la capacité de voir les ombres fantomatiques des morts et de converser avec eux. Une fable étrange et poétique, graphiquement singulière. 

Dabord, on pense que c’est une petite fille. Elle fait un cauchemar, un de ceux où l’on tombe sans fin dans le noir – non pas pour arriver au pays des merveilles, comme Alice, mais dans un univers donné ici pour l’enfer. Le lieu est plutôt agréable, cependant, piqueté de fleurs rouges ; un personnage tout en rondeurs, à l’aspect inconnu ici-bas – un tiers souris, un tiers chouette, un tiers ogive nucléaire –, étrange plus qu’inquiétant, fait à cette jeune personne un accueil somme toute sympathique. Celle-ci resterait volontiers dans cette grotte protectrice, mais elle se fait renvoyer sur Terre contre son gré, à la faveur d’une loterie qui donne sa chance à un mort de repasser de l’autre côté du miroir. La voici de retour dans la réalité, en l’occurrence dans sa salle de bains : elle a chu dans la baignoire – la corde à laquelle elle a tenté de se pendre a cédé. 

En fait d’enfant, il s’agit d’une jeune femme. Nous ne saurons jamais...

LE LIVRE
LE LIVRE

Tous les vivants de Roman Muradov, Dargaud, 2023

ARTICLE ISSU DU N°123

SUR LE MÊME THÈME

Extrait - BD Tranches de vie à la tokyoïte
Extrait - BD Simon, un adolescent vu du ciel
Extrait - BD Épée : nom féminin, singulier

Aussi dans
ce numéro de Books