De Sardanapale à Daesh, la violence irakienne

La brutalité inouïe des djihadistes de Daesh a créé en Occident un nouvel abîme d’incompréhension à l’égard de la violence irakienne. Mais le phénomène s’enracine dans 35 siècles de convoitise pour cette parcelle de terre fertile qu’est la Mésopotamie. La tragédie actuelle est l’expression des pathologies du pouvoir ainsi transmises au pays. Un désastre que nul ne saisit mieux qu’une nouvelle génération d’écrivains à l’ironie sombre.

« Le choc des épées IV » : le titre évoque un film de série Z en costumes d’époque. Mais les horreurs que raconte ce documentaire d’une heure, émanation récente de la branche communication d’un groupe djihadiste sunnite qui s’est baptisé l’État islamique, ne relèvent pas de l’heroic fantasy. Les meurtres n’y sont que trop réels. Les yeux rivés sur le canon d’une mitrailleuse pointant à l’arrière d’un 4 x 4, ce sont de vrais impacts que nous voyons arroser le flanc de la BMW blanche qui roule sur la file d’à côté, pulvérisant les vitres, criblant vraisemblablement de balles les passagers, expédiant à coup sûr le véhicule dans le fossé qui borde cette morne section d’autoroute irakienne. Et c’est un véritable commando de tueurs effectuant un raid de nuit au domicile d’un « collaborateur » que nous suivons. Nous sommes témoins quand les djihadistes capturent l’homme, corpulent, la cinquantaine, avant de lui bander les yeux et de l’humilier ; puis quand ils le décapitent, acte qui exige du tueur muni du couteau qu’il saute...
LE LIVRE
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Frankenstein à Bagdad de Ahmed Saadaoui, Piranha, 2016

ARTICLE ISSU DU N°61

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