Dessiner le diable pour le congédier

Une année passée dans un pensionnat privé tenu par un sinistre personnage adepte des coups de trique et des caresses sexuelles n’a pas laissé Glenn Head indemne. Il livre ici le récit de cette période, mais aussi de sa vie d’adulte, dominée par la figure obsédante de ce tout-puissant directeur. Une narration autobiographique en guise de thérapie.

Lalbum est en noir et blanc, mais c’est le noir qui domine. Largement. Le noir d’où surgit, dès la première page, le visage crayonné de Terence Michael Lynch, alias « Monsieur ». Il côtoie, sur une table à dessin, un cendrier débordant de mégots, un paquet de cigarettes, une bouteille de bière à moitié vide faisant office de cendrier secondaire… Au mur, le calendrier publicitaire d’un pub indique l’année : 1988.

D’emblée le ton est donné : notre personnage vit dans le laisser-aller et l’obsession de ce « Monsieur », figure indélébile des souvenirs et de la vie de l’auteur-­narrateur. C’est le bien nommé album des Rolling Stones Through the Past, Darkly (« À travers le passé, obscurément »), présent tout au long du récit, qui l’emmène, et nous avec, dans un flash-back. 

1971. Glenn a 13 ans, il est nul en maths et, pour le remettre dans le droit ...

LE LIVRE
LE LIVRE

Le Manoir de Chartwell de Glenn Head, Delcourt, 2022

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