« Duce, je baise vos béquilles… »

Mussolini faisait l’objet d’une ferveur inouïe dans l’Italie fasciste. Ses portraits figuraient par millions dans les foyers, on implorait sa protection et on le remerciait des souffrances subies pour la patrie… Les lettres qu’il recevait en témoignent : le Duce incarnait à la fois la figure du père et celle du sauveur, dans un étonnant syncrétisme de foi nationaliste et catholique.

Le « regard » de Mussolini – ces yeux hypnotiques qui marquaient tant ceux qui le rencontraient, ou la dimension symbolique de ce regard – était une composante centrale du rapport de proximité que le Duce cultivait. En témoignent les millions de portraits de Mussolini accrochés dans les foyers du nord au sud de l’Italie. Beaucoup d’hommes, de femmes et d’enfants lui écrivaient pour lui demander une photo, si possible dédicacée ; et, jusqu’au début de la guerre, il semble qu’un pourcentage important de ces demandes était satisfait. Il arrivait que l’on veuille une image spécifique. Une jeune femme qui disait prier tous les jours pour le Duce depuis des années et ne jamais oublier de fleurir les photos de lui, qu’elle « conservait avec un soin jaloux », lui demanda un jour de lui envoyer un cliché pris quelques années plus tôt qu’elle n’arrivait pas à se procurer : Vous étiez vêtu avec élégance en habit civil […]. Vos yeux rieurs mettaient en valeur votre visage pâle et adorable ! Sous votre veste autour du cou vous aviez un foulard de toutes les couleurs qui retombait en diagonale ...
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Ils y ont cru de « Duce, je baise vos béquilles… », Flammarion

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