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Écrire sous l’apartheid

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L’étude menée par l’universitaire anglais Peter McDonald dans les archives du Bureau de contrôle des publications de l’apartheid montre comment J.M. Coetzee, André Brink ou les écrivains noirs militants des années 1970 ont dû faire face aux tortueuses stratégies de censure mises en œuvre par l’État. « Car, à travers la censure, c’est une certaine définition de la littérature qui était imposée, rapporte le critique Shaun de Waal dans le Mail & Guardian. Ainsi, les jeux de déconstruction postmoderne d’un André Brink dans Au plus noir de la nuit ou les poèmes en forme de cris de rage contre l’apartheid d’un James Matthews ne pouvaient entrer dans la catégorie “littérature” pour des censeurs qui en étaient restés aux critères esthétiques des années 1820 ! »
Mais la principale stratégie de censure révélée par l’étude de McDonald est celle qui consistait à exclure de la sphère littéraire tout ouvrage à teneur politique. « Et le plus étonnant, précise Shaun de Waal, c’est que cette conception “universaliste” de la littérature était aussi partagée par les écrivains blancs progressistes, telle Nadine Gordimer qui, tout en condamnant la censure, doutait elle aussi du statut littéraire des écrivains du Black Consciousness Movement. »

LE LIVRE
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La police littéraire. La censure sous l’apartheid et ses conséquences culturelles de La tentation digitale, Oxford University Press

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