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Extinction : les oiseaux disparus, tout un symbole

Quantité d’espèces d’oiseaux ont définitivement disparu du fait des interventions humaines. Et encore, on ne les a pas toutes identifiées. Une bonne entrée en matière pour saisir le processus d’extinction massive dans lequel la plupart des biologistes pensent que nous sommes engagés.


© Minden Pictures / Tui De Roy / Biosphoto

Le kakapo est un gros perroquet terrestre endémique de Nouvelle-Zélande (ici un mâle sur l’île de la Morue). Cette espèce en grave danger d’extinction ne compte plus qu'environ 200 individus.

En octobre 2000, le dernier spécimen d’ara de Spix (­Cyanopsitta spixii), un mâle solitaire, disparaissait de la nature au Brésil. L’espèce n’est pas à strictement parler éteinte : quelques dizaines d’individus survivent dans des zoos et des volières de collectionneurs, mais elle se trouve désormais au royaume des morts-vivants, où elle restera jusqu’à ce que le dernier individu meure ou, ce qui est moins probable, que l’espèce soit ressuscitée dans le cadre d’une réintroduction réussie dans la nature1.

D’ici la fin du siècle, elle figurera à coup sûr dans une édition augmentée du livre d’Errol Fuller Extinct Birds. L’auteur y retrace l’histoire des quelque 80 espèces d’oiseaux qui se sont éteintes à cause des êtres humains ou de leurs commensaux – rats, chats, chiens, cochons et autres animaux, plantes et microbes. Si le rythme actuel se poursuit, l’édition 2100 comptera 15 volumes – et ce qui est arrivé aux oiseaux constitue un bon élément d’appréciation pour évaluer les chances d’autres organismes vivants. Parce qu’ils sont facilement observables, leur extinction est mieux documentée. Nous ­pouvons être à peu près sûrs que toutes les espèces d’oiseaux ou presque qui sont parvenues jusqu’au XXIe siècle ont été décrites et classées, ce que l’on ne peut dire d’aucun autre groupe d’animaux (à l’exception, peut-être, des ­mammifères)2.

Les perroquets tels que l’ara de Spix sont particulièrement menacés d’extinction. Au moins 12 espèces ont disparu et 50 autres sont officiellement en danger ; elles risquent de s’éteindre dans les prochaines années ou décennies si aucun effort de conservation n’est entrepris, et même dans ce cas. Ces oiseaux ont été victimes de leur beau plumage ou de leur loquacité, qui les ont condamnés à finir en ornement de chapeaux ou dans des volières. Comme les orchidées (qui sont un peu les perroquets du monde végétal), de nombreuses espèces de psittacidés ont des populations réduites, très circonscrites géographiquement, et présentent un cycle reproductif particulièrement lent – un cocktail mortel.

Parce qu’ils vivaient sur des îles océaniques tropicales ou subtropicales, la plupart des oiseaux évoqués par Fuller n’ont pas été exposés à des prédateurs dangereux au cours du temps long de l’évolution. C’est cela qui a causé leur perte et met bien d’autres espèces en danger : faute de prédateurs, ils n’ont pu acquérir un instinct de fuite. Certains étaient même incapables de voler, une aptitude que l’évolution fait disparaître en l’absence de concurrents terrestres (les rongeurs, par exemple, ne font généra­lement pas partie de la faune endémique des îles du Pacifique). D’autres traits de comportement deviennent également des faiblesses lorsque la population est réduite et menacent certaines espèces de disparition.
Le kakapo (Strigops habroptila) est un gros perroquet terrestre originaire de Nouvelle-Zélande. Les mâles émettent lors de la parade nuptiale un son caverneux que l’écrivain britannique Douglas Adams a comparé aux premières mesures d’un morceau de Pink Floyd. Son système d’accouplement le rend unique chez les perroquets : les femelles choisissent parmi des mâles qui s’exhibent ensemble dans une arène. Mais, maintenant qu’il ne reste plus en Nouvelle-Zélande que 50 individus sauvages dispersés, les mâles sont souvent solitaires et les femelles ne parviennent pas à se trouver un partenaire 3.

La crécerelle de Maurice (Falco ­punctatus) était probablement l’oiseau de proie le plus rare du monde dans les années 1970. C’était dû à son régime alimentaire : elle se nourrissait exclusivement de geckos, qui se raréfiaient en raison de la destruction de leur habitat insulaire. Les parents oiseaux apprenaient à leurs petits à ne chasser que les geckos, malgré la présence d’autres proies. Les écologues menant des programmes de reproduction en captivité ont constaté que les petits n’étaient pas difficiles et qu’on pouvait les entraîner à attraper d’autres proies. En cessant d’être monophages, ces oiseaux ont obtenu une sorte de sursis. La crécerelle de Maurice est-elle toujours une crécerelle de Maurice si elle ne s’alimente pas que de geckos – ou est-elle en un sens une espèce éteinte ? L’extinction n’admet pas une définition claire et précise.

Le grèbe de l’Atitlán (Podilymbus gigas), éteint depuis 1990, est un cas d’extinction taxonomique mais pas génétique : les derniers individus se sont hybridés avec une autre espèce de grèbe, préservant ainsi une certaine cohérence dans leur évolution grâce à un nouvel avatar. La séquence des événements qui ont conduit à cette semi-extinction est implacable. Le grèbe de l’Atitlán a été décrit pour la première fois dans les années 1920, époque où il a été découvert sur les rives couvertes de roseaux et dans les eaux du lac Atitlán, au Guatemala. Comme d’autres oiseaux menacés, il avait perdu l’aptitude au vol. Dans les années 1960, sa population était tombée à quelque 80 individus : son habitat avait été considérablement réduit, d’abord par la coupe des roseaux destinés à la fabrication de nattes, puis par la Pan Am (laquelle a fini par disparaître à son tour). La compagnie aérienne américaine avait transformé le lac en station de pêche de loisir et introduit le black-bass, ou perche d’Amérique, qui mangeait les crabes et les petits poissons constituant l’alimentation des grèbes. L’écologue Anne ­LaBastille avait aménagé un petit refuge pour eux sur la rive, et la population était parvenue à se maintenir à 200 individus avant de succomber, victime d’une nouvelle opération de défrichement des roselières – cette fois pour bâtir des résidences de vacances. Puis un tremblement de terre assécha à moitié le lac, ce qui abaissa le niveau de l’eau de 6 mètres et isola le refuge. Finalement, les rives furent envahies par des grèbes à bec bigarré (Podilymbus podiceps), une espèce plus petite et capable de voler, qui s’hybridèrent avec les quelques grands grèbes restants, produisant une progéniture qui – à la grande surprise des écologues – s’envola. Les gènes du grèbe à bec bigarré géant sont probablement encore dans la nature au Guatemala, mais l’espèce elle-même a disparu.

L’extinction d’un autre oiseau a également été accélérée par un événement géologique : la dernière grande colonie de reproduction du grand pingouin (Pinguinus impennis) se trouvait sur ­Geirfuglasker, une île au large des côtes islandaises engloutie lors de l’éruption d’un volcan sous-marin en 1830. Les deux derniers individus dont on avait connaissance furent étranglés, et leur seul et unique œuf fut cassé quatorze ans plus tard par des pêcheurs chargés par un marchand de collecter des spécimens sur l’île voisine d’Eldey.

Pour chaque oiseau du livre, Fuller a tenté de trouver au moins un dessin, une peinture ou une gravure : beaucoup sont l’œuvre du grand illustrateur du XIXe siècle J. G. Keulemans. Il agrémente aussi autant que possible son récit historique de portraits et de petites biographies des marins, explorateurs et naturalistes qui ont décrit une espèce (et parfois contribué à leur extinction). Bien sûr, la plupart de ces espèces ont disparu avant que nous ne disposions de pellicules suffisamment sensibles pour photographier la nature. Il existe toutefois une série de trois photos de nettes à cou rose (Rhodonessa caryophyllacea), une espèce apparentée au canard que l’on a pu observer pour la dernière fois dans la nature dans les années 1920 : sur le premier cliché, on voit un couple de nettes en captivité dans un parc du Surrey, sur le suivant, il n’y a plus qu’un seul oiseau, et le troisième montre un spécimen empaillé sans socle gisant sur le dos au Musée national d’Écosse. La photo la plus célèbre d’un oiseau disparu est aussi reproduite dans le livre : il s’agit de Martha, le dernier pigeon migrateur américain, mort au zoo de Cincinnati le 1er septembre 1914 à 13 heures – sans doute, remarque ­Fuller, l’extinction la plus précisément datée de l’histoire naturelle.

Les recherches menées par Fuller pour trouver des récits d’époque n’ont pas toujours été fructueuses. Dans certains cas, il n’a rien trouvé d’intéressant, la vie et la mort de nombreuses espèces étant passées quasiment inaperçues (ce qui rend d’autant plus remarquable le fait que Fuller ait pu dénicher autant d’images). Cela n’est pas surprenant quand on sait que les premiers inventaires naturalistes ne remontent guère qu’au XVIIIe siècle. L’objectif premier à l’époque était la collecte de merveilles inconnues, ce qui s’accompagnait souvent de massacres inutiles.

Aujourd’hui, nous disposons d’une masse d’informations sur la biologie des populations, les habitudes de reproduction et l’écologie comportementale des espèces d’oiseaux ou de mammifères en voie d’extinction ; dans de nombreux cas, nous avons des données génétiques et, pour ce qui est des populations reproductrices dans les zoos, des registres généalogiques établis selon les normes internationales en vigueur. Désormais, nous en savons davantage sur les espèces éteintes que sur nombre de celles qui existent toujours. Mais sur beaucoup des oiseaux qu’évoque Fuller, il n’y a à peu près rien. Le nicobar ponctué (Caloenas maculata), dont on ne connaît que le spécimen empaillé légué au musée de Liverpool par le naturaliste Edward Smith-Stanley, 13e comte de Derby, est une espèce « originaire d’une île indéterminée du Pacifique Sud ». La perruche de Tahiti (Cyanoramphus ­zealandicus), originaire de Polynésie, « était et reste un oiseau des plus mystérieux ». Plus terrible encore, « on ne dispose d’aucun élément sur le ptilope de Dupetit-­Thouars (­Ptilinopus dupetithouarsii), endémique des îles Marquises ». Et voici comment on a aperçu pour la première et la dernière fois la gallicolombe de Tanna (Alopecoenas ferrugineus) : ce colombidé fut collecté en 1774 sur l’île de Tanna, dans les Nouvelles-Hébrides, par le naturaliste Johann Reinhold Forster, qui accompagnait le navigateur James Cook à bord du Resolution (« Je suis allé à terre, nous avons abattu une nouvelle sorte de pigeon ») ; son fils George le peignit, et on n’en revit plus jamais.

Tout comme les perroquets, les colombes et les pigeons semblent avoir subi un nombre disproportionné d’extinctions par rapport aux autres oiseaux, sans que rien dans leurs caractéristiques biologiques ne permette de l’expliquer. Deux des espèces éteintes de pigeons les plus connues – le dodo et le pigeon migrateur américain – avaient très peu en commun.

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Le dodo (Raphus cucullatus) était condamné pour les raisons habituelles : insulaire, incapable de voler, il constituait une proie facile pour les marins, les colons et les espèces invasives qui les accompagnaient (cochons, chats, chiens, rats). Il s’agit, pourrait-on dire, d’une extinction banale, comme il s’en est produit tant au cours de l’expansion coloniale et de la migration humaine vers les îles océaniques. Le dernier dodo a probablement été aperçu à la fin du XVIIe siècle, et tout ce qu’il en reste, à part de nombreuses illustrations et descriptions d’une précision douteuse, ce sont quelques fragments de peau et d’os et une tête au muséum d’histoire naturelle d’Oxford.

Le pigeon migrateur américain ou ectopiste voyageur (Ectopistes migratorius), en revanche, semble avoir été l’une des espèces d’oiseaux les plus abondantes qui aient jamais existé : il se déplaçait en vastes volées au-dessus de l’Amérique du Nord et nichait en colonies sur des dizaines de kilomètres. Ses habitudes et ses caractéristiques ont été décrites, comme celles de la plupart des autres oiseaux d’Amérique du Nord, dans les années 1830 par l’ornithologue Jean-Jacques Audubon, et on en sait beaucoup plus sur lui que sur la plupart de ses congénères disparus. Des parties de chasse organisées sur le passage des pigeons les faisaient exploser en vol à leur arrivée sur leurs lieux de nidification. La ressource semblait inépuisable, mais, à un moment donné dans les années 1870, leur nombre chuta en dessous d’un point critique que les biologistes de la conservation d’aujourd’hui appellent le seuil de viabilité démographique. Les chasseurs avaient cessé à ce stade de s’y intéresser (tirer sur des oiseaux isolés était nettement moins palpitant que de les abattre en masse), mais ­l’ectopiste ­voyageur ne parvint pas à se rétablir et s’éteignit vers 1900 (le dernier spécimen observé dans la nature fut abattu en mars de cette année-là). Bien que les pigeons migrateurs aient été plus nombreux dans leurs dernières décennies d’existence que ne l’ont jamais été les dodos, quelque chose dans l’histoire de leur évolution semblait exiger qu’ils vivent en grands groupes ou pas du tout.

Le livre de Fuller ne fait pas un inventaire exhaustif de tous les espèces d’oiseaux éteintes. Elles sont sans doute beaucoup plus nombreuses à avoir disparu au cours des quatre derniers siècles, en particulier dans les îles océaniques, sans laisser de trace probante de leur existence. Pour les seuls perroquets, Fuller énumère 14 « espèces hypothétiques » pour lesquelles il n’existe aucun élément fiable, si ce n’est des récits succincts ou ambigus de voyageurs (selon le code international de nomenclature, une espèce n’en est une que si un spécimen de référence a été déposé dans un muséum), et il existe de nombreuses autres espèces mystérieuses, comme le supposé dodo blanc de la Réunion. Et d’autres oiseaux ont sans aucun doute succombé à une chasse intensive avant 1600. Il y avait par exemple en Nouvelle-Zélande de 12 à 20 espèces de moas ou ­dinornithiformes – des parents géants de l’autruche et de l’émeu – qui ont toutes disparu à une rapidité étonnante après l’arrivée des ancêtres des Maoris, au XIIIe siècle. Les archéologues ont retrouvé quantité d’ossements de moas datés de périodes relativement rapprochées, ce qui laisse supposer que la ressource s’est rapidement épuisée. Ces oiseaux de grande taille mettaient de nombreuses années à devenir adultes et pondaient en petite quantité ; il semble qu’ils soient vite tombés en deçà du seuil de viabilité démographique. Deux ou trois espèces de moas étaient encore en vie lorsque les premiers Européens sont arrivés en Nouvelle-Zélande, en 1642, mais elles n’ont pas tardé à s’éteindre.

Comme le montre le sort des moas, une population humaine n’excédant pas quelques centaines ou milliers d’individus peut rapidement anéantir, sans même disposer d’armes à feu, toute une série d’espèces vivant sur des terrains accidentés, boisés et généralement inhospitaliers. Cette guerre éclair a des parallèles bien plus anciens dans l’histoire des migrations humaines, notamment en Australie et dans les Amériques. Si le changement climatique a pu jouer un rôle, tout porte à croire aujourd’hui que beaucoup d’espèces d’oiseaux et de mammifères de grande taille (ce qu’on appelle la mégafaune du pléistocène) ont disparu peu après l’arrivée des humains – il y a environ 46 000 ans en Australie et 14 000 ans dans les Amériques. Parmi les autres espèces australiennes éteintes figure un parent du moa, Genyornis, l’un des plus grands oiseaux ayant jamais vécu.

Ces extinctions préhistoriques laissent leurs fantômes : les étranges arbustes divariqués de Nouvelle-Zélande, dont les feuilles se cachent derrière un couvert de rameaux – apparemment pour éviter de se faire brouter par les moas –, ou les grosses graines de certaines espèces d’arbres des forêts d’Amérique centrale, autrefois transportées vers de nouveaux sites dans la panse des mégaherbivores et aujourd’hui trop lourdes pour être dispersées. Les fantômes écologiques abondent également à Hawaii, d’où 40 espèces endémiques d’oiseaux ont disparu et où beaucoup d’autres sont en danger d’extinction. Ce petit archipel représente à lui seul près de la moitié des extinctions recensées dans le livre de Fuller. Une famille d’oiseaux, les ­drépanidinés de Hawaii, comptait à l’origine au moins 41 espèces ; aujourd’hui, treize d’entre elles, peut-être plus, sont éteintes, et, parmi les autres, seules trois ne sont pas en danger. Avec de telles disparitions, des écosystèmes entiers perdent leur cohérence et sont encore plus exposés à l’invasion d’espèces exotiques.

En milieu terrestre, l’extinction provoquée par l’homme s’est déroulée en trois phases. Il y a eu d’abord les extinctions de la mégafaune consécutives aux migrations humaines vers des continents auparavant inhabités ; puis les extinctions insulaires et les extinctions par surexploitation (qui constituent le gros de celles que décrit l’ouvrage) ; et, enfin, les extinctions à l’échelle des continents et de la planète que nous sommes en passe d’infliger du fait de la destruction et de la fragmentation des habitats, de l’introduction d’espèces et du changement climatique, faisant subir au monde entier ce qu’a connu Hawaii.

En milieu marin, de nouveaux éléments indiquent que la surexploitation remanie profondément le vivant depuis des siècles, voire des millénaires, de sorte que nulle part dans le monde les eaux côtières ne ressemblent à ce qu’elles étaient avant l’arrivée des humains. Peu de biologistes doutent aujourd’hui qu’une nouvelle extinction massive soit en cours, qui entraînera la disparition d’une grande partie des espèces de l’écosystème mondial. Le taux d’extinction est estimé à plus de cent fois le taux naturel d’extinction, calculé à partir des données paléontologiques, lesquelles montrent, de façon grossière, que la durée d’existence moyenne d’une espèce est comprise entre cinq et dix millions d’années.

Des extinctions massives se sont déjà produites par le passé et constituent certains des principaux jalons de l’histoire géologique et évolutive de la Terre. Ce qui distingue l’extinction massive d’aujourd’hui, c’est qu’elle est clairement provoquée par une seule espèce. Les cinq précédentes, pour autant qu’on puisse en juger, ont toutes été causées par des événements physiques, le plus célèbre étant l’impact d’une énorme météorite au Mexique il y a 65 millions d’années, qui a induit un changement climatique immédiat, scellant le sort des dinosaures et de bien d’autres organismes vivants. Les écologues, qui se soucient de plus en plus de maintenir la faune et la flore dans des paysages aménagés par l’homme, doivent à présent faire face aux effets réels et prévus du changement climatique, qui pourrait déplacer les zones de préférence écologique d’espèces et d’écosystèmes entiers de plusieurs centaines de kilomètres ou les faire tout bonnement disparaître. Dans ces conditions, leurs efforts de préservation ne donneront guère de résultats.

— Andrew Sugden est rédacteur en chef adjoint de la revue Science.

— Cet article est paru dans la London Review of Books le 23 août 2001. Il a été traduit par Catherine Mantoux.

Notes

1. Cinquante-deux aras de Spix nés au centre de reproduction de l’Association pour la conservation des perroquets menacés (ACTP) de Berlin sont arrivés au Brésil en mars, en vue d’être réintroduits dans leur habitat naturel l’an prochain.

2. On continue de découvrir de nouvelles espèces d’oiseaux – pas moins de dix en 2019 dans trois îles indonésiennes (National Geographic, 9 février 2020).

3. On a dénombré récemment 211 individus.

LE LIVRE
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Extinct Birds de Errol Fuller, Cornell University Press, 2001

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