Fini le temps du guerrier

La virilité est morte avec l’invention des armes à feu, disait un proverbe ottoman. Elle est morte une seconde fois avec la disparition du soldat citoyen. En Occident, la masculinité est séparée comme jamais de son incarnation militaire. Le temps est loin où un Theodore Roosevelt pouvait parler des « qualités de fer qui doivent aller de pair avec la vraie virilité ». Faut-il le regretter ?

« Quant à la guerre, dit Hector à Andromaque dans L’Iliade, elle est faite pour les hommes. » Par le passé, presque toutes les sociétés acceptaient cette idée sans se poser de questions, et dans deux sens différents. Puisque les hommes échappent à la grossesse, sont en général plus grands et plus forts et possèdent un cœur et des poumons plus gros, la guerre a traditionnellement été pensée comme leur domaine légitime et nécessaire, et non comme celui des femmes. Les rares exceptions apparentes à la règle contribuaient surtout à la confirmer. Dans l’Antiquité, Boadicée, reine des Icenis, conduisit ses guerriers britanniques contre les légions de la Rome impériale. Lakshmi Bai, rani de Jhansi, mourut en 1858 en combattant les armées du Raj. Mais il s’agissait là de souveraines, d’hommes à titre honorifique, en quelque sorte. Au début du XVe siècle, Jeanne d’Arc porta un ...

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De la chevalerie au terrorisme de Fini le temps du guerrier, Knopf

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