Funky Tchécoslovaquie

Et si la musique noire américaine avait pu venir à la rescousse du régime communiste ? Le scénario est moins farfelu qu’il en a l’air.


© Ian Dickson/Redferns/Getty

Dans Bomba Funk, le Premier ministre de la République socialiste, archétype de l’apparatchik grisâtre, se métamorphose en James Brown.

«Généralement, quand la littérature tchèque actuelle s’attaque au thème du socialisme, c’est pour rivaliser de noirceur et de fatalisme, lit-on sur Novinky.cz. Il est de bon ton de montrer combien vous vous distancez d’un régime qui a pourtant déjà tiré sa révérence il y a plus d’un quart de siècle. » Or le premier roman du journaliste musical Karel Veselý, Bomba Funk, n’obéit nullement à ces critères : au contraire, il s’agit d’une farce. L’auteur raconte l’histoire d’un groupe de musique fictif composé de personnages réels. À la guitare, ­Antonín Panenka, ­héros national depuis le penal­ty qui fit de la Tchécoslovaquie la championne d’Europe de football en 1976 ; à la basse, l’acteur populaire Josef Dvořák ; à la trompette, le jazzman et figure de cabaret Ladislav Gerendáš ; et, au chant, Lubomír Štrougal, inoxydable Premier ministre de la République socialiste, archétype de l’apparatchik grisâtre, métamorphosé en James Brown irrésistible avec son uniforme de l’armée soviétique, sa chapka et ses lunettes à épaisse monture noire. Un leader ­aussi ...
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Bomba Funk de Karel Veselý, Biggboss, 2017

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