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Grâce à Vénus


De la vie sur Vénus ? Dans un article publié dans la revue Nature Astronomy lundi 14 septembre, une équipe anglo-américaine annonce avoir observé dans l’atmosphère de la jumelle de la Terre de la phosphine qui serait un indice de la présence d’organismes vivants. Bon nombre de spécialistes restent sceptiques.
Si lointaine soit-elle, Vénus a déjà été au centre de grandes découvertes scientifiques. C’est grâce à elle que les astronomes du XVIIIe siècle ont amélioré leur évaluation de la distance entre la Terre et le Soleil et ont déduit les dimensions du système solaire, comme le raconte Andrea Wulf dans Chasing Venus.

En 1716, Edmond Halley prévoit qu’elle apparaîtra sous la forme d’un point noir se déplaçant devant le Soleil pendant quelques heures le 6 juin 1761, puis de nouveau le 3 juin 1769. Sachant qu’il n’y assisterait pas (il lui faudrait vivre jusqu’à 105 ans), il incita la future génération d’astronomes à se préparer à ce phénomène appelé transit de Vénus. Ils devraient se tenir en différents points du globe afin d’obtenir une mesure la plus précise possible.

Vénus, clef de la distance Terre-Soleil

Pour chacun des deux transits, quelque deux cent cinquante savants français, britanniques, russes, allemands, néerlandais, italiens, suédois et américains se mobilisent. Ces scientifiques, qui souvent n’utilisent pas le même système de mesure, doivent pour nombre d’entre eux affronter les délais et les dangers que suppose un voyage au bout du monde à l’époque. Certains transportent le lourd et fragile matériel nécessaire à l’observation astronomique jusqu’au cercle arctique, à Tahiti, au Cap de Bonne Espérance…

Mais même avec la meilleure volonté du monde, l’opération reste une gageure. Le Français Guillaume Le Gentil traquera Vénus pendant onze ans. Parti pour Pondichéry, il est bloqué en mer par la guerre de Sept ans et essaye lors du transit de 1761 de prendre des mesures depuis le pont de son navire, sans succès. Après avoir écumé l’océan Indien pendant huit ans, il réussit à construire un observatoire à Pondichéry (revenu à la France). Mais lors du passage de Vénus de 1769, le temps est nuageux et il ne voit rien.
Dans les années 1770, la mise en commun de toutes les mesures collectées permet aux savants d’estimer que la distance entre la Terre et le Soleil est d’environ 155 millions de kilomètres, soit à peine 5 millions de kilomètres de plus que la valeur admise aujourd’hui. Ces expéditions seront aussi l’occasion d’essayer de nouvelles routes maritimes et de faire des découvertes. L’observation du transit de Vénus était ainsi l’un des objectifs du premier voyage du capitaine Cook.

À lire aussi dans Books : Faut-il craindre les extraterrestres ?, novembre 2018.

LE LIVRE
LE LIVRE

Chasing Venus: The Race to Measure the Heavens de Andrea Wulf, Knopf, 2012

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