Haine de la littérature

Appliquée au domaine de l’écrit, l’intelligence artificielle fait merveille. Elle permet de passer au scanner une prodigieuse quantité de textes. Mais elle détruit le métier de traducteur et promeut une écriture standardisée.

Assises du livre numérique, livres blancs, spéculations d’universitaires ou de think tanks,tous le soulignent jusqu’à plus soif : l’édition n’est pas seulement la proie de la rapacité du capital qui taille à coups de hache dans les groupes, les effectifs et les contenus au nom de la rentabilité financière, voire de l’agenda idéologico-politique de certains de ses actionnaires. Elle est en train de muter sous l’influence de l’intelligence artificielle, qui rend des services et produit des désastres sans que ses thuriféraires se montrent capables de séparer le bon grain de l’ivraie. 


Côté services, aucun lecteur ne se plaindra que l’IA permette d’écumer avec une finesse croissante les gigantesques bases de données de livres numérisés, par exemple les 40 millions de documents mis en ligne par la BNF via Gallica. De même, aucun avocat ou magistrat en quête d’argumentation ou de jurisprudence ne se plaindra que la start-up Lexbase propose 25 millions de documents juridiques. Même chose dans le domaine...

ARTICLE ISSU DU N°119

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