Hedy et George
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Hedy et George

Écrit par La rédaction de Books publié le 8 juin 2018

Le documentaire d’Alexandra Dean, Hedy Lamarr, From Extase To Wifi, sur les écrans cette semaine, rappelle que l’actrice qualifiée par les studios de « plus belle femme du monde » était aussi une inventrice de génie. Son système de transmission de données dénommé « saut de fréquence » est l’ancêtre du wifi et du bluetooth, entre autres. Sur le brevet datant de 1942, figure outre le nom de Lamarr celui de George Antheil. L’un sans l’autre leur invention n’aurait jamais vu le jour, souligne l’historien Richard Rhodes dans Hedy’s Folly. Et George Antheil, musicien américain de son état, a un parcours tout aussi extraordinaire que sa comparse.

Dans les années 1920, il a acquis une certaine célébrité dans les milieux d’avant-garde européens. Son Ballet mécanique, une cacophonie de cloche, sirène, gong et pianos, a provoqué une émeute lors de sa première à Paris. Et déjà son œuvre requérait un talent scientifique. Antheil avait voulu assembler une demi-douzaine de pianos mécaniques en réseau pour les synchroniser. Ses autres projets, parmi lesquels une « symphonie jazz » et un opéra « Transatlantique », mettant en scène une soprano chantant dans son bain, lui permirent d’attirer l’attention, mais pas d’argent. Il rentre à New-York dans les années 1930. Passionné par l’endocrinologie, il publie un livre « Chaque homme est son propre détective : une étude de la criminologie glandulaire ». Il écrit aussi des articles dans le magazine Esquire. Grâce à une avance du journal, il déménage à Hollywood où il vend ses talents de musicien au cinéma.

Dans son autobiographie Bad Boy of Music, Antheil raconte que c’est Hedy Lamarr qui a demandé à le rencontrer. Elle avait lu un de ses articles sur les glandes et voulait un conseil d’ordre médical. Pendant plusieurs années, le compositeur et la star de cinéma, soucieux de participer à l’effort de guerre et partageant la même passion de l’invention, passeront d’innombrables heures à essayer d’améliorer les armes alliées en cherchant le moyen de téléguider les missiles.

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