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Imaginer la fin des temps

Pendant longtemps, les astrophysiciens ont imaginé que la fin de l’univers (qu’ils n’attendent pas avant plusieurs milliards d’années) découlerait de son effondrement sur lui-même, le « Big Crunch ». Dans un processus inverse à celui du Big Bang, l’univers se contracterait sous l’effet de la densité de la matière accumulée et de la gravité combinée précipitant planètes et étoiles, galaxies et trous noirs les uns contre les autres dans un enfer destructeur. Mais à mesure que les spécialistes accumulaient des données montrant que l’expansion de l’univers n’avait pas de limite, ils ont changé leur fusil d’épaule.

Aujourd’hui, ils parient sur ce qu’ils appellent « Big Freeze » ou heat death, la mort thermique de l’univers. C’est un scénario « long et angoissant », écrit l’astrophysicienne américaine Katie Mack. En se fiant aux lois de la thermodynamique, explique-t-elle dans The End of Everything (Astrophysically speaking), la perpétuelle expansion de l’univers conduira les étoiles, les galaxies et même les trous noirs à tomber en ruine lentement, très lentement, par manque de matière et d’énergie, jusqu’à ce qu’il ne reste rien que quelques particules et une faible radiation. 

Quel destin pour l’univers?

Ce scénario qui semble aujourd’hui le plus probable aux scientifiques n’est clairement pas le préféré de Mack. Trop déprimant pour cette vulgarisatrice aguerrie qui a fait de son tour d’horizon des théories sur la fin des temps un voyage drôle et entraînant. « Ce qui ressort d’abord du livre c’est le plaisir que prend Mack à parler physique et il est contagieux », souligne Leah Crane dans la revue New Scientist.

La spécialiste des liens entre astrophysique et physique des particules ne se contente pas des hypothèses les plus probables, mais évoque aussi des scénarios étranges impliquant des dimensions parallèles ou la collision de « branes », des univers tri-dimensionnels décrit dans la théorie de cordes. « En marge, les théories cosmologiques avec le plus beau jargon et les noms les plus savants sont souvent les plus hypothétiques », relève James Gleick dans The New York Times.

Une fin instantanée, indolore et imprévisible

Mack avoue sa préférence pour un scénario impliquant des bulles de vide, séduite par son côté « spectaculaire » et « farfelu ». Elle repose sur l’idée que l’univers n’est pas totalement stable et qu’une perturbation quelque part pourrait bouleverser les lois de la nature. Au point dans l’espace où cela se produirait, naîtrait une sorte de bulle contenant un univers régi par de nouveaux principes physiques. Cette bulle grossirait à la vitesse de la lumière et tout ce qui se trouverait sur son passage n’aurait simplement plus la possibilité d’exister. Une fin instantanée, indolore et surtout imprévisible.

À lire aussi dans Books :Le monde d’avant le Big-Bang, février 2011.

LE LIVRE
LE LIVRE

The End of Everything: (Astrophysically Speaking) de Katie Mack, Scribner, 2020

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