Impossibles trous noirs
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Impossibles trous noirs

Écrit par La rédaction de Books publié le 12 avril 2019

Vue de l'Univers, prise par Hubble/ NASA

Les astronomes du consortium international Event Horizon Telescope ont publié mercredi 10 avril la toute première photographie d’un trou noir. L’idée même que cette concentration de masse-énergie puisse exister a longtemps été combattue par les scientifiques, et notamment par les physiciens qui en démontraient la possibilité théorique, rappelle la journaliste Marcia Bartusiak dans Black Hole.

 

En 1783, le savant britannique John Michell, s’appuyant sur la théorie de Newton selon laquelle la lumière est composée de petites particules, imagine qu’un flot de ces particules s’échappant d’une étoile, pourrait, comme un ballon jeté dans les airs et attiré par la gravité terrestre, être ramené vers cette étoile. Puisque les particules de lumière seraient retenues par l’étoile, celle-ci serait dès lors invisible. Michell avait mis le doigt sur le concept même de trou noir, sans pourtant disposer du bon cadre théorique.

 

C’est Einstein, avec sa théorie générale de la relativité, qui donnera une fondation solide à ces « étoiles noires ». Il était toutefois persuadé qu’elles n’étaient qu’hypothétiques. Dans la nature, un aspect encore inconnu de la physique stellaire devait empêcher la matière de condenser de cette manière. En 1939, il écrivit d’ailleurs un article tentant de prouver que les trous noirs n’existaient pas. Le physicien britannique Arthur Eddington, qui participa à la première tentative réussie de démontrer la validité de la relativité générale, trouvait lui aussi ces « trous cosmiques » effroyables. « Il devrait y avoir une loi de la nature pour empêcher une étoile de se comporter d’une manière si absurde ! », s’emporta-t-il lors d’une réunion de la Royal Astronomical Society en 1935.

 

Les trous noirs n’ont commencé à sembler plausibles aux scientifiques que dans les années 1960. La radioastronomie et l’astronomie en rayons X permettent alors de détecter des phénomènes correspondant aux modèles théoriques, sans pour autant faire taire les discordes. Quand, en 1974, Stephen Hawking explique, lors d’un congrès, que les trous noirs émettent des radiations, le président de séance s’insurge : « Désolé Stephen, mais c’est une pure ineptie ! »

 

À lire aussi dans Books : Le rêve d’un univers sans fin, novembre 2011.

 

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