« Interdire la GPA n’est pas réaliste »

« Interdire la GPA n’est pas réaliste »

Légaliser et encadrer la gestation pour autrui est une garantie pour le bien-être et la sécurité de tous, à commencer par les enfants à naître, plaide une anthropologue israélienne.

Publié dans le magazine Books, mars/avril 2018.
Elly Teman est une anthropologue israélienne spécialiste de la gestation pour autrui. Elle enseigne à l’Institut universitaire Ruppin, près de Netanya. Elle est l’auteure de Birthing a Mother (« Accoucher d’une mère »), University of California Press, 2010.   En Israël, la gestation pour autrui est autorisée mais uniquement pour les couples hétérosexuels. Est-ce une position judicieuse ? La loi israélienne sur la gestation pour autrui (GPA) a été promulguée en mars 1996. Elle prévoit que tout contrat de maternité pour autrui soit examiné par une commission nommée par l’État avant que la mère porteuse et les parents d’intention puissent commencer la préparation médicale pour le transfert d’embryon. Cette loi protège la mère porteuse, les parents intentionnels et le bébé, parce qu’elle garantit que le bébé sera un citoyen israélien, que le contrat sera légal et valable et que les parents intentionnels pourront être considérés comme les parents du bébé. Seules les femmes dont l’état de préparation psychologique et la santé ont convaincu la commission peuvent devenir mères porteuses. C’est un avocat fiduciaire qui s’occupe de son dédommagement et de lui rembourser ses frais éventuels. La gestatrice établit une relation avec les parents d’intention, ce qui humanise un processus qui, autrement, pourrait dériver vers l’exploitation et la chosification. Privés de cette possibilité légale en Israël, des couples homosexuels ou des célibataires doivent recourir à une mère porteuse à l’étranger. Non seulement ils n’ont pas la possibilité de nouer un lien avec elle, mais ils n’ont souvent même pas l’occasion de la rencontrer. Les mères porteuses sont mises dans des situations contraires à l’éthique qui peuvent supposer un danger pour leur santé et leur état psychologique, sans ­bénéficier des droits que confère un cadre légal. De plus, des ­parents d’intention israéliens qui ont eu recours à la GPA dans des pays comme l’Inde, le Népal, la Thaïlande ou le Mexique se sont retrouvés dans un vide juridique pendant des mois, voire des ­années. Il y a eu des cas où les bébés ont fini par naître apatrides, et les parents d’intention n’ont pas été autorisés à les ramener en Israël. C’est pourquoi je pense que ce n’est pas judicieux de la part de l’État de…
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