Dans l’intimité de García Márquez
par Pauline Toulet
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Dans l’intimité de García Márquez

Écrit par Pauline Toulet publié le le 26 avril 2019

Le 6 mars dernier, Netflix dévoilait son projet d’adaptation en série de Cent ans de solitude, le célèbre roman de Gabriel García Márquez. Une décision qui n’aurait guère plu à l’écrivain colombien, lui qui s’était toujours opposé à ce que son chef-d’œuvre soit porté à l’écran, pointe Gustavo Tatis Guerra.

Ce journaliste et écrivain colombien connaît bien García Márquez pour l’avoir fréquenté pendant plus de vingt ans. Il vient d’ailleurs de lui consacrer un livre, La flor amarilla del prestidigitador, qu’il considère moins comme une biographie que comme une plongée intime dans le quotidien de Gabo.

Gustavo Tatis Guerra s’est entretenu à plusieurs reprises avec García Márquez ainsi qu’avec son entourage : sa mère, la très loquace Luisa, sa femme Mercedes, ses fils et ses amis. De ces rencontres, il a tiré les dix-sept chroniques qui composent La flor amarilla del prestidigitador. « Je n’ai pas voulu faire un livre à la García Márquez, mais un portrait humain du génie en sa demeure, dans son environnement quotidien, un livre dont la cadence musicale des mots permettrait d’approcher son humanité, le battement de son cœur et le rythme de ses gestes, ses émotions et ses pensées », confie l’auteur au quotidien colombien El Espectador.

Le dentiste de García Márquez portait autour de son cou, montée sur un pendentif en or, l’incisive supérieure droite de son prestigieux patient, apprend-on. Ou encore, que le romancier était très superstitieux et voyait dans la couleur jaune un talisman contre le mauvais sort. Dans les moments de chagrin ou d’angoisse, García Márquez pressait sa femme d’aller acheter des fleurs jaunes, qu’il portait à sa boutonnière. « La thèse qui traverse l’ouvrage est que l’histoire de Cent ans de solitudeserait en grande partie inspirée de celle de la famille de l’auteur, bien que remaniée par son imagination et le respect dû à la mémoire de ses ancêtres », commente Juan Luis Cebrián dans Babelia, le supplément culturel du quotidien El País.

Gabo venait d’une famille de conteurs, rappelle Gustavo Tatis Guerra. Élevé par ses grands-parents maternels, le romancier a été abreuvé durant toute son enfance de contes et de récits métaphoriques – autant de fables qui, à ses yeux d’enfant, semblaient bien réelles. Ainsi serait né, selon Gustavo Tatis Guerra, le réalisme magique si caractéristique de son l’œuvre de García Márquez.

À lire aussi dans Books: García Márquez, l’homme qui aimait les dictateurs, mars-avril 2010.

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