Dossier
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Freud, l’avenir d’une obsession

Après s’être longtemps fait le chantre de l’orthodoxie freudienne, Élisabeth Roudinesco bat en retraite. Dans son dernier livre, elle fait d’énormes concessions aux critiques « révisionnistes ». Mais continue d’idéaliser un Freud présenté contre toute vraisemblance comme un parangon de vertu.


© Rue des Archives

Freud devant son buste réalisé par le sculpteur Oscar Nemon. Cette photo a fait la couverture de l'hebdomadaire français Vu en juillet 1932.

Quand ce qu’il reste de la ­direction de la psychanalyse freudienne se reconstitue après la dispersion de la Seconde Guerre mondiale, ses membres sont face à des circonstances favorables et à des dangers. Le centre de gravité de leur mouvement s’est déplacé de Vienne et Berlin vers Londres et New York, ce qui leur permet d’atteindre davantage de clients et d’adeptes potentiels mais favorise aussi des schismes qui menacent de discréditer l’institution tout entière. Tout le monde s’accorde sur un point : il faut trouver le moyen de se regrouper derrière la ­figure de Freud, le maître disparu dont la décou­verte de l’inconscient, avec le complexe d’Œdipe en son centre, peut être célébrée par tous. L’urgence de la tâche apparaît à sa fille, Anna Freud, avec la publication en 1947 de la biographie libre et perspicace de Helen Walker Pruner, « Freud, sa vie et son esprit », qui n’hésite pas à attribuer les préceptes du fondateur à ses manies plutôt qu’à la nature objective de la psyché. Anna riposte en commandant une biographie à son goût, les trois volumes d’Ernest Jones...
LE LIVRE
LE LIVRE

Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre de Élisabeth Roudinesco, Seuil, 2014

ARTICLE ISSU DU N°87

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