Météolittérature

«N’oublie d’évoquer le temps qu’il fait dans ton satané livre. C’est très important, le temps ! » écrit un Ernest Hemingway un brin protecteur à son aîné et confrère John Dos ­Passos. Mais Hemingway n’a pas tort : nos âmes comme nos corps sont « météosensibles », et la littérature, qui se penche sur les unes comme sur les autres, doit ­intégrer ce facteur-là. Le créateur littéraire ­dispose d’un privilège qu’il ne partage qu’avec le grand créateur céleste, celui de pouvoir manipuler les éléments à sa guise, et il en profite allègrement. Quoi de mieux qu’un événement atmosphérique pour faire avancer une intrigue (c’est un authentique orage qui provoque le coup de foudre dans le cœur du jeune Werther) ou donner à un récit un socle climatique – le froid à Saint-Pétersbourg pour l’infortuné propriétaire du Manteau de Gogol, la chaleur d’Alger pour L’Étranger de Camus ?

Mieux, en déchaînant les éléments, l’auteur peut aussi ...

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