Le fiasco afghan

En treize ans, 1 000 milliards de dollars ont été dépensés par la coalition internationale en Afghanistan. Plus de 1 million de soldats et de civils ont été déployés dans le pays. Pour quel résultat ? L’État est quasi inexistant, les écoles ne fonctionnent pas, c’est la présence étrangère qui fait tourner l’économie, et l’insurrection est si puissante que le compromis avec les talibans apparaît comme le moins mauvais des scénarios. À moins de préférer la guerre civile.

 


© BRYAN DENTON/The New York Times/REDUX/REA

Ashraf Ghani lors d’un meeting en mars 2014. Le nouveau président afghan, ancien fonctionnaire de la Banque mondiale, promet d’éliminer la corruption, de désarmer les milices et de relancer l’économie du pays.

Ashraf Ghani, devenu président de l’Afghanistan en septembre dernier, a un jour rédigé pour Hamid Karzai, son prédécesseur, un rapport qui commençait ainsi : « Il existe un consensus dans la société afghane : la violence […] doit cesser. La réconciliation nationale et le respect des droits fondamentaux ouvriront la voie à une période de paix et de stabilité dans l’ensemble du pays. Les aspirations du peuple doivent s’incarner dans un gouvernement représentatif responsable, rassemblant des courants divers, favorable à l’égalité des sexes, multiethnique, et qui tient ses promesses au quotidien. » C’était il y a douze ans. Plus personne ne parle de cette manière à présent – pas même le nouveau président. Aujourd’hui, le scénario optimiste est celui du compromis politique avec les talibans, le scénario pessimiste est celui de la guerre civile. Les responsables occidentaux continuent pourtant d’affirmer que des objectifs ont été atteints : les opérations antiterroristes ont réussi à réduire à néant la présence d’Al-Qaïda dans le pays, des progrès ont été réalisés dans les domaines de la santé et de l’éducation, et l’État ...
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Pas d’hommes bons parmi les vivants de Anand Gopal, Metropolitan, 2014

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