Le juteux commerce de la douleur

Le juteux commerce de la douleur

Le succès du récit que fait une philosophe célèbre de son anorexie relance en Italie le débat sur l’essor d’une « littérature de la souffrance ».

Publié dans le magazine Books, juillet-août 2012.
« Être un papillon », cela signifiait, pour la philosophe italienne Michela Marzano, « se soustraire au poids du devoir » : « Comme papa était trop lourd, pendant des années, j’ai tout fait pour devenir plus légère », écrit-elle dans un essai autobiographique également paru en France, où elle vit depuis 1999. Cette spécialiste de bioéthique s’y livre à une réflexion fondée sur sa propre expérience de l’anorexie, où elle voit le « symptôme du désir de perfection absolue ». De Penser le corps (PUF, 2002) à La Pornographie ou l’Épuisement du désir (Hachette, 2007), Michela Marzano a toujours fait du rapport au corps le fil rouge de son œuvre, et de la maladie un problème philosophique. Il n’en est pas moins fascinant, pour Daria Galateri, de La Repubblica, de revisiter rétrospectivement la vision du corps qui irriguait déjà ses précédents ouvrages : le sujet y était sans cesse « désincarné », « dématérialisé », « en cage ». Le ton de « confession intime » qu’emprunte Légère comme un papillon est sans doute pour beaucoup dans l’immense succès que rencontre le livre en Italie. Force est aussi de reconnaître que Marzano y fait preuve d’une « honnêteté totale » et qu’elle « sait écrire pour le grand…
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