Le superorganisme des insectes

Le superorganisme des insectes

Quand un animal est formé de millions d’autres animaux.

Publié dans le magazine Books, janvier - février 2009.
Une colonie de fourmis ou d’abeilles « est un animal unique élevé à un niveau supérieur ; chaque insecte est une cellule, les castes sont les organes, la reine l’organe sexuel », écrit le biologiste britannique Steve Jones en rendant compte dans le New York Times de la nouvelle somme de Bert Hölldobler et d’Edward O. Wilson. Les deux entomologistes avaient reçu le prix Pulitzer en 1991 pour leur livre sur les fourmis. Le métaphore du superorganisme peut être prolongée : l’abeille ou la guêpe qui vous pique est un agent du système immunitaire, les butineuses sont les yeux et les oreilles, et ce sont les règles de développement de la colonie qui en déterminent la forme et la taille. Il n’y a pas de cerveau – à moins de considérer qu’il s’identifie au superorganisme. Chaque individu est un automate. Le comble du superorganisme est celui des fourmis coupeuses de feuilles, propres au Nouveau monde. Une reine peut produire jusqu’à deux cents millions d’ouvrières stériles durant ses dix à quinze années de vie – et quelques mâles seulement, « dont le seul travail est de fournir le sperme ». La société des coupeuses de feuilles est divisée en plusieurs castes dont l’une cultive des champignons. L’appartenance à une caste n’est pas génétiquement déterminée ; elle est fonction de l’environnement dans lequel l’individu naît et se développe. Une fourmi calcule sa distance au nid en évaluant la colle qu’il lui reste sur les pattes.  La  fourmi qui découvre une source de nourriture ne revient pas en ligne droite.   C’est la résultante des traces de phéromones laissées par les fourmis revenues avec une part du butin qui finit par permettre à leurs…

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