Les esclaves oubliés d’Indonésie

Les esclaves oubliés d’Indonésie

Publié dans le magazine Books, avril 2015.
Au cours de sa scolarité, chaque petit Néerlandais apprend qu’entre le milieu du XVIe siècle et les années 1850, environ 600 000 esclaves africains – sur un total estimé à 12 millions – furent déportés à travers l'océan Atlantique par la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Peu savent, en revanche, que cette traite eut son pendant dans l’océan Indien, sous l’égide de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Cette histoire méconnue, l’historien et journaliste Reggie Baay la raconte dans un livre qui a retenu l’attention du quotidien NRC Handelsblad. On y apprend que les esclaves des Indes orientales (l’actuelle Indonésie) étaient essentiellement des locaux. Et que leur commerce était le fait non seulement des colons néerlandais, mais aussi de marchands arabes, chinois et indiens. À la différence de l’Ouest, où la servitude alimentait l’économie des plantations, le phénomène était en Indonésie avant tout urbain, les esclaves étant pour la plupart utilisés comme main-d’œuvre domestique chez les Européens, quand ils n’étaient pas affectés à la construction d’équipements militaires ou administratifs. Selon les documents cités par Baay, l’île de Java comptait, en 1815, 27 000 esclaves répertoriés ; selon les mêmes sources, ils n’étaient plus en 1860, l’année de l’abolition, que 5 000. Des chiffres difficiles à vérifier, souligne le NRC, qui mentionne certaines estimations bien supérieures, selon lesquelles la traite indonésienne fut à peu près équivalente, en ampleur, à celle qu'organisa la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales vers les Amériques et les Antilles. Surtout, ces chiffres ne tiennent pas compte de…

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