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Le monde interlope des hackers

Qui se cache derrière le masque énigmatique de Guy Fawkes, l’emblème d’Anonymous ? Tout et son contraire. Dans cette nébuleuse du piratage sans hiérarchie ni doctrine officielle, les hackers idéalistes partisans de l' »information libre » et hostiles à la surveillance d’État croisent d’authentiques cybercriminels trafiquants de données personnelles et informations bancaires. Sans oublier les pirates à la petite semaine qui vandalisent pour s’amuser…

On ne sait toujours pas qui a piraté Sony Pictures en novembre dernier. Une opération aussi spectaculaire que dérangeante : divulgation d’informations personnelles sur quantité de cadres de l’entreprise et leur famille, e-mails et comptes Twitter détournés, serveurs paralysés, films volés. Avec un chantage à la clé : si vous ne renoncez pas à diffuser la comédie mettant en scène l’assassinat du président nord-coréen, nous passerons à la vitesse supérieure. L’Agence de sécurité américaine (NSA) en est convaincue : le coup venait de la Corée du Nord. Comme l’affaire Snowden l’a révélé, la NSA s’y connaît. Elle est elle-même engagée dans force opérations de hacking à travers le monde, surveillant qui elle veut et prenant possession de systèmes informatiques entiers. Son principal concurrent : la Chine, qui est parvenue à siphonner le programme de fabrication de l’avion de chasse F-35.
Le hacking n’a pas attendu Internet. Steve Wozniak, cofondateur d’Apple, avait réussi dans les années 1970 à bidouiller son téléphone pour appeler gratis partout dans le monde. C’est l’autre versant du hacking, celui qu’explore principalement ce dossier : comment des jeunes geeks deviennent capables, seuls ou à plusieurs, de pénétrer les systèmes les mieux verrouillés. Pour le plaisir de la performance ou celui de harceler, pour se faire de l’argent ou au nom d’une cause plus ou moins réfléchie : le culte de la gratuité, la lutte contre l’oppression, la dénonciation des moyens de surveillance… Du gentil petit hacker au prédateur d’État en passant par les mafias, on peut parler d’un continuum, dont les traits communs sont l’anonymat des auteurs et l’engagement dans nouvelle course aux armements propre au monde numérique.

 

 

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