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Les canards du président

Venue pour un stage d’été à la Maison-Blanche, Mimi Alford, une étudiante de 19 ans, fut happée par JFK quatre jours après son arrivée, au cours d’un cocktail. Il la fit entrer gentiment dans la chambre conjugale et lui fit l’amour. Il vit qu’elle était vierge. Elle fut reconduite chez elle en voiture mais leur liaison dura dix-huit mois. Il la faisait revenir régulièrement. Il lui apprit tout ce qu’il fallait savoir sur le sexe. Ils firent la cuisine ensemble, écoutèrent des chansons d’amour et passèrent beaucoup de temps dans la salle de bains, où il avait une collection de petits canards en caoutchouc. Ils leur donnaient des petits noms et jouaient à la course de canards dans la baignoire. Il la convainquit de rendre devant lui des services sexuels à son ami Dave Powers. Il l’emmena souvent dans ses déplacements avec deux autres filles, deux secrétair
es, Priscilla Wear et Jill Cowen, dont le rôle attitré était de subvenir aux besoins du président quand il ne trouvait pas de prostituées à son goût. On voit les deux filles à Berlin, en Irlande, au Costa Rica... Larry Newman, agent des services secrets, a raconté son embarras : « Chargés d’une mission du plus haut niveau, nous étions là à regarder la porte de l’ascenseur, parce que le président était à l’intérieur avec deux putes. » Il passait aussi beaucoup de temps à la Maison-Blanche avec les deux secrétaires, en particulier à la piscine, où elles se baignaient à poil. Passant devant le bureau de l’une d’elles, Jackie lâcha un jour, en français : « C’est la fille dont on dit qu’elle couche avec mon mari. » Auteur de plusieurs essais sur les femmes, Caitlin Flanagan raconte dans The Atlantic son émoi en lisant le passage sur les canards dans le livre de Mimi Alford, car elle venait d’écouter Jackie disant à quel point ces jouets avaient symbolisé la beauté de leur mariage (1). « “Quel salaud !” fut ma première réaction. » Sa première réaction seulement, parce qu’à la réflexion… D’un côté, JFK était un drogué du sexe, ferrant aussi les femmes de ses amis et des intrigantes de haut vol, comme Judith Exner, qui fut simultanément son amante et celle du mafioso Sam Giancana. De l’autre, il ne négligeait pas Jackie et celle-ci, souvent absente, menait aussi sa vie. Elle avait affiché des reproductions du Kama Sutra dans la salle à manger d’une de ses maisons de campagne. Et quand elle organisait des soirées où John était présent, elle invitait volontiers de jeunes beautés, sachant qu’elles « donnaient de la vigueur » à son mari, écrit Caitlin Flanagan.    
LE LIVRE
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Il était une fois un secret, Random House

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