Les enfants du rail

Un jeune « clochard du rail », l’un de ces passagers clandestins qui sillonnent les États-Unis sur des trains de marchandises pour assouvir leur rêve de liberté et d’aventure avant d’entrer dans l’âge adulte, a photographié chemin faisant sa bande de potes. Un témoignage entre infinie tendresse et totale âpreté, d’une singulière puissance.

Sauvages. Tendres. Sordides. Romantiques. Crasseuses. Célestes. Émouvantes. Terrifiantes. Comment fait Mike Brodie pour créer des images qui justifient l’usage des adjectifs les plus contradictoires et ne se laissent réduire à aucun ? A Period of Juvenile Prosperity est un Ovni photographique, même si les critiques d’art sont prompts à convoquer les mânes des Walker Evans et autres Robert Franck. Car l’œuvre de ce « Polaroïd Kidd » – son pseudo des débuts, sur les réseaux où il postait ses clichés – est libre de toute attache, parfaite expression d’un auteur qui a pris le rail à 18 ans pour rejoindre un copain et ne l’a plus quitté pendant des années, avec au compteur 80 000 kilomètres parcourus. Une œuvre dont la singularité procède de l’intimité. Car ces photos sont prises de l’intérieur, par un garçon qui est le semblable, l’ami, le complice de ceux qu’il met sur pellicule. Au journaliste du New Yorker qui lui demande si la photo lui a permis de se rapprocher de ses sujets, Mike Brodie répond simplement : « J’aurais été encore bien plus près sans ce satané appareil dans ...
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Une période de prospérité juvénile de Les enfants du rail, Twin Palms

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