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« L’espérance de vie atteindra bientôt 100 ans »

Rien n’indique que l’horloge du vieillissement ait ralenti son mouvement. Mais la mort est repoussée à un âge plus tardif.

Savons-nous exactement pourquoi l’espérance de vie a doublé en moins de deux siècles dans les pays développés ?
Non, pas « exactement ». Nous savons que les progrès de la santé publique et de la médecine, l’accroissement du niveau de vie, les progrès de l’instruction et un comportement plus sain sont autant de facteurs qui ont joué un rôle.

Pensez-vous que la tendance va se poursuivre et que l’espérance de vie va atteindre 100 ans ?
Tout à fait. Rien n’indique que l’augmentation de l’espérance de vie se fasse aujourd’hui à un rythme plus lent ou s’approche d’une limite. La plupart des enfants nés depuis 2000 en France, en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni célébreront leur centième anniversaire (1).

L’allongement de la durée de la vie signifie-t-il que nous vieillissons moins vite ?
Non. Aucun élément ne permet de dire que l’horloge du vieillissement a ralenti son mouvement. Ce qui se passe, c’est que la mort est repoussée à un âge plus tardif. Ou, pou
r dire les choses autrement, nous vieillissons au même rythme qu’avant mais nous atteignons le grand âge en meilleure santé, ce qui retarde l’échéance fatale.

Savons-nous pourquoi les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes ?
Nous ne le savons pas précisément. Nous connaissons nombre de causes à ce phénomène, certaines biologiques, d’autres sociales, mais leur importance relative reste inconnue (2).

La mortalité croît de façon exponentielle entre 35 et 90 ans, après quoi la croissance de la mortalité ralentit, pour s’arrêter après 110 ans. Comment expliquer ce paradoxe ?

Ce qui est vrai pour une population ne l’est pas pour un individu donné. Pour celui-ci, la mortalité continue de croître de manière exponentielle après 90 ou 110 ans. Mais, si l’on considère la population dans son ensemble, chaque année les personnes les plus fragiles meurent, laissant un groupe de survivants plus robustes. Ces survivants continuent de vieillir. Ce que l’on observe, c’est donc l’équilibre résultant de la mort des premiers et du vieillissement des seconds.

Chez l’homme comme chez les autres mammifères, le vieillissement s’accompagne d’un accroissement de la mortalité et d’un déclin de la fertilité. Est-ce le cas chez toutes les espèces ?

Non. On observe le contraire chez diverses espèces d’oiseaux, de reptiles et de poissons. Nous ne savons pas exactement pourquoi.

Pourquoi certaines espèces, comme les coraux ou les oursins, semblent-elles échapper au vieillissement ?

Parce qu’elles consacrent davantage d’énergie que la plupart des espèces à croître et à se réparer.

Personne n’a vécu plus longtemps que Jeanne Calment (122 ans). Partagez-vous le point de vue des chercheurs pour qui le progrès technique nous permettra de vivre beaucoup plus longtemps ?

Il est probable que quelqu’un, d’ici une ou deux décennies, vivra au-delà de 122 ans. Le record va sans doute continuer à s’élever au cours des prochaines décennies.

Propos recueillis par Books
LE LIVRE
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Combien de temps vivons-nous?? , Springer

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